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6 octobre 2009 2 06 /10 /octobre /2009 14:14

Depuis deux ans l’Ile de Beauté est secoué de détonations multiples et ce du nord au sud ! Des dizaines de morts ont jonchés le sol Corse bien que les dernières interpellations ont quelque peu calmé les ardeurs ! Résultat de conflits de générations, d’héritage et de règlements internes que les Corses en connaissent que trop bien, la dernière « salve » de morts datant de 2005/2006 ou une nouvelle génération s’est fait connaître à Ajaccio!

Faire la liste exhaustive de ces assassinats est fastidieuse, surtout qu’elle concerne des groupuscules et contentieux difficile à différencier. Il y a néanmoins un personnage qui cristallise les tensions en Corse du Sud, tout du moins son héritage post mortem. Il s’agit de Jean-Gé Colonna grand « parrain » du sud de l’Ile, mort dans un accident de la route, le 1er novembre 2006! Sa mort n’a certes pas fait les gros titres des journaux continentaux mais a tout de même fait parlé les journalistes sur « ce milieu qui perd la tête ». Un chef qui meurt donne lieu à beaucoup d’interrogations mais aussi à beaucoup de convoitises.
Dés lors une lutte va s’enclencher entre les anciens du MPA (Mouvement Pour l'Autodétermination anciennement dirigé par Alain Orsoni) et la bande du Petit bar d'Ajaccio emmenée par le défunt Ange-Marie Michelosi abattu en juillet 2008 lors de cette guerre (cf article épisode 2). Jean-Gé Colonna dont les membres de la bande du petit bar se disait proche d’où pour eux la légitimité de réclamer son « héritage ».

Des enfants du cru

La bande du Petit Bar ? Ainsi surnommée (à l’instar de leurs « homologues » de la « brise de mer ») parce que ses membres, au début de leurs rencontres, se réunissaient souvent dans le café du même nom, cours Napoléon. Une petite dizaine de gars très connus des habitants du port. Presque tous enfants du cru, fils de commerçants, voire, pour l'un, d'un gardien de la paix. D'après différentes sources officielles, il y aurait Pascal, Stéphane, Jean-Dominique, André, Mickael, Thierry, Jacques, Damien, Francis, au total neuf personnes formant le noyau dur. (source le point)

En Corse la confusion des genres - voyous et militants - devient la norme, la question de l’impôt révolutionnaire, de l’auto financement du mouvement indépendantiste a amené certains à fréquenter la voyoucratie locale, certains y ont pris goût et dès lors il ne manquait plus que les politiques du continent voulant monnayer la paix à l’instar de Charles Pasqua pour que l’île sombre dans le far west.
Paul Giacomoni, le neuvième et dernier mort de la série de 2006, abattu le 13 septembre par un tireur isolé, était connu pour avoir été un proche d'Alain Orsoni, l'ex-leader du Mouvement pour l'autodétermination (MPA). Mais, selon la police, sa mort est plus probablement liée à de pures embrouilles de droit commun. La bande du Petit Bar a été suspectée. Giacomoni tout comme Roger Polverelli ou Paul Corticchiato, dit « le Pharaon », pouvaient être des obstacles à la volonté d'hégémonie du groupe sur les activités criminelles de la ville. Aujourd'hui âgée d'une trentaine d'années, l'équipe du Petit Bar s'est constituée à l'époque du lycée comme un petit réseau de dealers. Eux-mêmes consommateurs, selon une rumeur tenace, de coke ou d'ecstasy, ils auraient fini par prendre le contrôle du commerce de la drogue à Ajaccio. L'argent, la défonce, les filles... Leurs ambitions se seraient étendues plus récemment aux commerces de la ville. Tous les moyens leur sont bons pour élargir leur territoire. Les menaces et autres méthodes d'intimidation avec armes à feu ou attentats à l'explosif se multiplient. « On voit alors certains commerces visés [bars, restaurants, boutiques...] changer de propriétaires ou d'associés », observe-t-on à la préfecture. (le point 19/10/06).

Son cocktail : l'argent, la politique et les amis

La tension est montée d'un cran juste avant le printemps 2005, quand Francis Castola, le père d'un des jeunes de la bande, a été tué sur le parking de son immeuble. Elle a atteint son comble avec l'assassinat, au mois de mars, de Robert Feliciaggi, un homme très aimé en Corse-du-Sud. Elu à la mairie de Pila- Canale et à l'Assemblée régionale, riche homme d'affaires ayant fait fortune, notamment dans les casinos en Afrique, où il a vécu avant de revenir au pays, Robert Feliciaggi avait été également proche de Charles Pasqua. Son cocktail : l'argent, la politique, les amis. Il aidait financièrement tous les proches qui le lui demandaient. Même des voyous. L'élu a été abattu un soir sur le parking de l'aéroport d'Ajaccio à son retour de Paris, et sa mort a déclenché une mobilisation générale en Corse. Robert Feliciaggi se disait en effet « l'ami de Jean-Jé Colonna », « le patron » de la Corse-du-Sud. Ce dernier était dans les premiers rangs à l'enterrement de Feliciaggi. Rien à voir avec les membres du Petit Bar. Et pourtant...

Dans ce genre de climat, toutes sortes d'histoires, remontent à la surface et Ajaccio ne déroge pas à la règle. Certains racontent comment, il y a quelques mois, Jean-Jé Colonna, alerté par le tapage de la jeune bande, est sorti de sa semi-retraite pour rappeler à l'ordre certains de ses lieutenants qui s'affichaient un peu trop avec le clan du Petit Bar, leur demandant de s'en écarter. D'autres s'étonnent au contraire de la « longue conversation » qu'aurait eue Jean-Jé avec des représentants de la bande présents, eux aussi, aux obsèques de Robert Feliciaggi.
Certains pensent que l'on donne trop d'importance à la bande du Petit Bar. Ce ne serait que des hommes de main. Au service de qui ? De deux groupes rivaux beaucoup plus structurés. L'un enraciné dans le Sud. Le second ayant apparemment le soutien d'une puissante organisation bastiaise. Comme si le Nord avait décidé d'annexer le Sud, traditionnellement moins organisé.

Les rangs de part et d’autres ont été quelque peu décimé encore en 2008/2009 (cf ça dézingue en Corse épisode 2). En tout cas une quinzaine de personnes ont été interpellées il y a quelque mois, dont certaines en Corse, dans le cadre de l'enquête sur la tentative d'assassinat déjouée sur Alain Orsoni en septembre de l’année dernière. Ce qui constituerait selon une source policière, le début d'une solution à la série de réglements de compte que connait le sud de l'île.

Huit Morts, huit énigmes

12 août 2004 Marc Cotoni, victime d'une embuscade. Videur, vraisemblablement associé, dans un bar à musique du centre-ville. Quelques années avant, il avait tué « accidentellement » un client de son établissement.

25 août 2004 Roger Polverelli, vieux voyou estimé et plutôt retiré des affaires, est abattu par deux tueurs à moto devant le magasin de sa femme. Affaires d'argent ou intervention dans les affaires d'une bande ? Mystère, mais tuer Polverelli, c'était s'imposer sur le thème « on n'a peur de personne ».

14 mars 2005 Francis Castola est tué sur le parking de son immeuble. La réponse, sans aucun doute, au meurtre de Polverelli. Castola était, semble-t-il, proche de la bande du Petit Bar. Il avait décidé de mettre la main sur divers établissements nocturnes.

10 août 2005 Paul Renucci est tué de quatre balles dans les cuisines du restaurant de sa femme, à Porticcio, par un tireur grimé qui prend la fuite à pied. Transporteur et restaurateur, il était connu de tous et entretenait aussi des relations avec d'importants personnages comme Jean-Jé Colonna, Robert Feliciaggi, etc.

10 mars 2006 L'élu de l'Assemblée corse Robert Feliciaggi est abattu à son retour de Paris sur le parking de l'aéroport d'Ajaccio par un tireur solitaire... Des enquêteurs ont cru reconnaître la signature d'un ex-voyou au sang chaud, Jean-Jacques de la Foata.

19 mai 2006 Paul Corticchiato, homme d'affaires à l'avarice légendaire, est tué au volant de sa voiture d'une rafale de kalachnikov. A fait fortune en quelques années dans la restauration et l'immobilier. Il venait de racheter Le Bec fin, qui avait appartenu à Gilles Ragache.

8 août 2006 Jean-Jacques de la Foata, voyou à l'ancienne à la retraite tenant un magasin de motos, est abattu d'une seule balle de gros calibre tirée par un fusil à lunette. A en croire certains policiers, cet assassinat serait la réponse à la mort de Feliciaggi.

13 septembre 2006 Paul Giacomoni est également tué par un tireur muni d'un fusil à lunette par un tireur posté à grande distance. Comme Corticchiato et Castola, Giacomoni était un proche d'Alain Orsoni, leader du Mouvement pour l'autodétermination. (source le point)

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Published by Desmoulins - dans Le milieu Corse
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