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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 16:01

Que l'on s'entende bien, pour illustrer le thème des barra bravas, leur pouvoir, leur violence, leur trafic j'aurais pu tout à fait parler de celle de River ou celle d'Estudiantes ou celle de Newell's et j'en passe car il s'y passe les mêmes choses, les similitudes sont parfois frappantes d'ailleurs mais cela pourrait affirmer une chose, les leaders de ces groupes ne le sont jamais par hasard. Ils ont toujours un passé plaidant pour leur violence, leur folie et leurs magouilles, ces gens vivent à cent à l'heure dans et en dehors des stades. Ils tiennent leur groupe comme un business à faire fructifier, cependant on ne peut nier la ferveur et l'amour qu'il porte à leur club et il est paradoxal justement que ces mêmes gens fervents fassent subir de telles pressions à leur sacerdoce. A River une guerre interne a eu lieu aussi entre les frères Schenkler et Adrian Rousseau, victoire des frèrots aux points mais aujourd'hui ils sont eux aussi emprisonnés et accusés d'un meurtre d'un barra du camp adverse (l'un des frères est aussi accusé du meurtre d'un dealer en 2001). A Newell's Diego "Panadero" Ochoa le leader de la barra a été arrêté le 20 août pour le meurtre de Maximiliano "Quemadito" Rodríguez, qui s'est produit en février dernier. A Estudiantes en mars dernier deux hommes ont été condamnés pour le meurtre d'un policier en 2010 et ce alors que deux factions rivales de la barra s'affrontaient à la gare ferroviaire de La Plata. Bref je ne vais pas faire toute une liste mais on peut citer d'autres exemples de la violence entre barras.

 

 

Je ne vais pas faire un historique de la "12" la barra brava de Boca et encore moins faire une étude sociologique sur les Barra Bravas, on va juste mettre les pieds dans le plat directement avec des détails sur cette lutte en essayant d'être le plus chronologique possible.  Actuellement la 12 est officiellement toujours dirigé par Mauro Martin qui est pour le moment en prison en attente de son procès pour le meurtre en 2011 d'un voisin de son beau-frère (rien à voir avec le foot, il risque de 8 à 25 ans de prison). Malgré ces restrictions, c'est encore lui qui mène la "12", son bras droit (et pour certains le cerveau du groupe) Maximiliano Mazzaro est lui aussi en prison pour les mêmes motifs que Martin, sauf que lui il a fuit la justice pendant plusieurs mois avant d'être arrêté (un autre barra est impliqué dans ce meurtre Daniel Alejandro Wehbe qui a échappé à l'arrestation en février 2013 et est toujours en cavale). http://1.bp.blogspot.com/-RJ0hvu5J63s/UR0_LU3deJI/AAAAAAABL6E/7PUYi0078A0/s400/Arrieta-Debaux-Mazzaro-Mauro-Martin_OLEIMA20130209_0018_15.jpeg

(de gauche à droite) Arrieta, Debeaux, Mazzaro et Martin.

 

Selon les journaux argentins qui ont toujours des rubriques à consacrer à ces luttes intestines, Martin aurait depuis la prison désigné son remplaçant temporaire (et oui il compte bien revenir). En janvier dernier donc les spéculations allaient bon train, selon les journalistes argentins c'est lors d’une réunion organisée à la prison de Devoto, où Mauro Martín est incarcéré que les décisions ont été prises pour déterminer qui formera la "nueva cúpula" de La Doce, en l’absence de ses deux chefs.

Les journaux citent même toute une liste de noms de personnages au cv de supporter bien chargé, tous des fidèles entré dans la barra bien avant Mauro Martin, du temps du chef mythique "El Abuelo" qui dirigea la brava de 1981 à 96 et qui fut remplacé par Di Zeo alors qu'il était en prison, et lorsque Di Zeo finira en prison en 2007 (pour une tentative de meurtre sur un barra de Chacarita en 1999) qui c'est qui prendra sa place hum?

 

Bref c'est un éternel recommencement.

 

C'est finalement Cristian "Fido" Debaux dirigeant la faction San Martin (interdit de stade lui aussi) qui reprendra la boutique avec l'aval des autres cadres de la Doce. Et il aura fort à faire pour contrer les aspirants au poste de Martin et en premier lieu l'ancien chef Rafael Di Zeo, lui qui avait pris la barra en 1996 et qui poussera la violence et son corrolaire le pouvoir à son paroxysme. Lui et son frère Fernando deviennent rapidement des personnages incontournable non seulement au sein de la « hinchada » mais aussi au sein même du club, où on leur prête plus de pouvoir que le Président du club.

 

Revenons un petit peu en arrière. En 2007 donc Di Zeo va en prison et pendant ce temps là son ancien allié et ami Mauro Martin (un jeune que Di Zeo avait fait rentrer dans la Barra en 96) revendique sa place. Mauro s'est heurté à d'autres bandes pour prendre le contrôle de la puissante Barra Brava du club xeneize. notamment les fidèles de Di Zeo comme Alejandro Falcigno, Tyson Ibáñez et El "Melli" Fernández, qui, restés fidèles à « Rafa », souhaitaient mettre en place un système d’intérim dans l’attente du retour du chef (El "Melli" Fernandez rejoindra la camp de MM plus tard). La banda Lomas, dirigé par Marcelo Aravena, a aussi été un adversaire dans la lutte et aura subit pas mal de dégâts en mars 2008 avec un blessé grave (Raul Sanchez) lors d'affrontements interne.

 

Pour se faire sa place Mauro Martin s'est allié avec un autre leader bien connu El Uruguayo Richard (Richard William Laluz Fernández, voir photo) http://www.ole.com.ar/edicion-impresa/Uruguayo-Richard-Laluz-Fernandez-recuperacion_OLEIMA20110812_0008_15.jpg

mais les deux finalement, après avoir écarté les affidés de Di Zeo, s'affronteront à leur tour pour le contrôle de la barra, après que Martin ait viré Richard de son poste de numéro 2 et qui mènera entre autre à la “batalla de Parque Lezama” en Mars 2009 (un énième règlements de comptes entre barras de Boca mettant aux prises les hommes de Mauro Martin et ceux de El Uruguayo Richard) et qui fera plusieurs blessés par balles dont une passante de 79 ans. Les années suivantes connaitront des escarmouches mais le maitre incontesté sera Mauro Martin.

 

Le retour de Di Zeo

 

Mais ça ne devait pas durer, en mai 2010 Di Zeo bénéficie d'une liberté conditionnelle, et à peine un mois plus tard il marque déjà son territoire lors du Mondial 2010, son influence apparaît avec la présence en Afrique du Sud au sein des HUA (Hinchadas Unidas Argentinas) d'anciens de La Doce de l’époque d’El Abuelo qui avaient ensuite suivi le Rafael, le message est clair pour Mauro Martín. L’actuel chef de la barra xeneize qui d’ailleurs n’a pas fait le déplacement en Afrique du Sud. Il faut savoir bien sûr qu'en Argentine les barras en déplacement pour l'équipe nationale sont toujours encadré par des barras de Boca (sauf en 2006 ou c'est ceux de River qui avaient pris la suite vu les déboires judiciaires de Di Zeo à l'époque), la fédération fournit des billets et la barra responsable choisit les supporters (généralement des leaders de barra amis ou du moins pas trop détesté) qu'elle emmènera au mondial.  Génial non?

 

Sauf qu'en 2010 c'est l'ONG HUA (Hinchadas Unidas Argentinas) qui choisira les heureux élus. A noter que tout de même la présence de certains chefs dans la délégation des supporters argentins poussera certains journaux et politiques à crier au scandale. 10* d'entre eux seront justement refoulés par les autorités Sud-Africaines, parmi ces 10 personnes (deux étaient accusés de meurtre). Ca n'a pas empêché la barra de Boca et celle d'Independiente (dont le leader Pablo Alvarez faisait partie des 10 refoulés) de se foutre sur la tronche pour une histoire de drapeau volé, provoquant hélas la mort par crise cardiaque de Luis Forlenza, 57 ans, un membre de la banda de Lomas de Zamora (une faction de la 12 de Boca). Le retour de ces 10 barras a été significatif du contexte tendu constaté entre les différentes factions. Lors de leur descente d'avion à Ezeiza, des insultes et des coups seront échangés entre eux et des boquense (de la Jugador numero 12)  qui les attendaient à l'aéroport avec des banderoles ironiques. Ambiance!

 

Di Zeo, lui, loin du tumulte, est déterminé à reprendre la place qui est la sienne et fort d'appuis au sein du club de Boca, il prépare sa rentrée, celle-ci provoquera des situations ubuesques pour le club de Buenos-Aires. Et dire que tout ce petit monde était uni comme les doigts de la main au débuts des années 2000. En 2004 c'est Fernando Di Zeo qui a sauvé la vie à Maximiliano Mazzaro en l'emmenant à l'hôpital Argerich après avoir été blessé par coup de poignard lors d'une bagarre au sein de la hinchada de Boca. Aujourd'hui ils s'entretuent. Tout cela aujourd'hui fait partie du folklore, toutes ces histoires d'amitiés et de trahisons sont communes à beaucoup d'autres histoires de par le monde.

 

- Mauro Martin avait été "convoqué" personnellement par Raphaël Di Zeo pour intégrer la "12", celui-ci l'avait pris sous son aile et lui avait tout appris, trop bien appris surement. La relation s'est brisée pour toujours après la trahison de Martin envers Di Zeo.
- Par ordre de Di Zeo, c'est Richard William Laluz Fernández, el Uruguayo, qui a défendu Martin lors d'une attaque perpétré par Marcelo Aravena, "Marcelo de Lomas", un des barra condamnés à 12 dans prison pour le meurtre de deux supporter de River en 1994.

 

En juillet 2010, 32 barras dont Mauro Martin accompagneront l'équipe de Boca en tournée estivale en Australie et en Nouvelle-Zélande, ce qui ne manquera pas de créer une nouvelle polémique. Il n'y aura pas d'incidents majeurs entre les différentes factions lors du tournoi de fermeture argentin 2010 (juillet décembre). Juste lors du Superclassico face à River, 500 partisans de Di Zeo feront le pied de grue la veille devant l'hotel des joueurs, ce qui provoquera le lendemain une réaction de Mauro avec un cortège de la 12. Par contre un scandale illustrant la violence clientéliste des barra bravas sera à l'honneur des médias nationaux. 

 

En octobre, l'assassinat d'un militant du Parti Ouvrier (PO, trotskiste), Mariano Ferreyra, 23 ans, par balle dans un quartier du sud de Buenos Aires a mis en évidence les relations entre des Barras Bravas et les poids lourds de la "Confederación General del Trabajo de la República Argentina" (CGT) alliée du gouvernement. Des barrabravas auraient été embauchés par l'Union des chemins de fer, pour empêcher les militants trotskistes qui exigeaient que des camarades licenciés soient réintégrés dans l'entreprise, de couper les voies.

 

Trois autres personnes avaient été blessés ce jour là, Elsa Rodriguez (restée plusieurs jours dans le coma), Nelson Aguirre et Ariel Pintos. Les principaux journaux du pays publieront ensuite des photos du principal suspect, Cristian Favale, un mécanicien au chômage et membre de la barra brava de Defensa y Justicia (modeste club de Primera B Nacional du barrio de Florencio Varela) en compagnie du Ministre de l'Economie, Amado Boudou, et du Ministre de l'Education Alberto Sileoni, lors d'une réunion politique. Cristian Favale se rendra à la Police et un dirigeant du syndicat soupçonné d'avoir fait appel à lui, Pablo Diaz, sera interpellé et s’il a reconnu avoir été sur les lieux, il a nié être le responsable du meurtre, indiquant qu’il devait avec d’autres barras "frapper et jeter des pierres, mais sans user d'armes" sur les manifestants trotskistes. Cristian Favale, a déclaré avoir vu le tireur, une description qui l’a amenée à accuser Gabriel Sanchez, un autre barrabrava du Racing Club d’Avellaneda. José Pedraza, responsable depuis 25 ans du syndicat sera condamné à 15 ans de prison pour avoir "sous-traité" des barras bravas tout comme Juan Carlos Fernandez. Favale, Sanchez et Diaz ont été condamnées à 18 ans de prison.

 

Au mois de décembre de la même année, Marcelo Montero, le Président de l’Unión Cívica Radical (UCR, parti de gauche) accuse le Maire de Buenos-Aires Mauricio Macri et les Barrabravas d'être impliqués et en lien dans les agressions contre des immigrés occupant des parcs du sud de la ville. Montero a ainsi accusé Cristian Ritondo, un proche de Macri et responsable du groupe politique du Maire au Conseil Municipal d’être le véritable donneur d’ordres de ces agressions, en lien directs avec plusieurs barras bravas de la Capitale… Plusieurs barras bravas ont été impliquées dans ces violences notamment celles des All Boys, de Nueva Chicago, du Deportivo Español et de Huracán. Carlos Capella, un barra filmé par les caméras de la TV en train de tirer sur les immigrés du Parc Indoamericano de Villa Soldati en est un membre. Un autre tireur, Richard Gerino est un ancien de la Banda del Oeste, une faction de la barra de River Plate. Macri est l'ancien président de Boca Juniors, Macri a été élu député en 2005 et Maire de Buenos-Aires en 2007. Fondateur du parti de droite Compromiso para el Cambio, il a été régulièrement accusé de connivences avec les barrabravas xeneizes, notamment avec Rafael Di Zeo. Des appuis politiques dont Di Zeo se fera fort d'utiliser afin de revenir dans la course pour le leadership de la 12.

 

Dans la prochaine partie je détaillerais la suite du conflit et les soupçons de collusion entre la police et la Doce, du gros dossier si en plus on rajoute l'étonnant match de Boca contre l'Atletico Rafaela qui a vu les deux partis se faire presque face à face dans le stade, une situation assez inédite dans le genre en Argentine qui prouve bien qu'au sein même des dirigeants boquense on ne sait pas quel camp choisir.

 

http://jean-philippe.savry.over-blog.com/article-boca-tes-barrabravas-impitoyables-2-119911968.html

 

* les 10 sont Sergio Flay Roldan chef de la brava de San Martin de Tucuman (arrêté à sa descente d'avion pour avoir violé sa lberté conditionnelle. Roldán avait été condamné à huit ans pour une tentative assassinat et restera en prison jusqu'en Janvier 2011). Andrés “Pillín”, Bracamonte, le chef de la Barra Brava de Rosario Central, Julio Navarro (Rosario Central), Emiliano “El Bocón” Tagliarino, Luis Tucci et Pablo “El Narigón” Derrespinis (Huracán), Juan Duarte, Mariano González et Diego Martín Gómez (Lanús) et Pablo Alvarez, alias Bebote, le chef de la Barra d’Independiente.

 

Sources m'ayant aidé dans mes recherches: infojusnoticias /curva 1899/ diariopopular /clarin

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Published by Desmoulins - dans Barra Bravas
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