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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 15:46

L'été a encore été chaud (et il n'est pas terminé) au propre comme au figuré en Corse. Le fait qu'une seule et unique équipe semble aujourd'hui, tant bien que mal tenir, la Corse toute entière (une première) et ce avec sans doute une équipe assez réduite (et des chefs en vadrouille en Afrique) engendre une multiplication des vendetta, des prises de bec et autres chicaneries inhérente à un milieu avide de places à prendre (vu que les candidats sont de moins en moins nombreux). Les nationalistes essaient donc probablement de reprendre la main face à des bandes criminelles décimées par des années de guerre fratricide. On a parfois l'impression que le désoeuvrement opère chez certains tenants de la violence des envies d'en découdre et de règler des affaires mises en suspens et ce au plus vite. Quand on connait le pedigree d'une bonne trentaine de détenus Corse, on se doute qu'à leur sortie (pour certains c'est pas pour après-demain) les armes reparleront. 

Ordre chronologique des affaires comme d'habitude.

 

Le 7 juin dernier, Bernard Bourgeaud, 55 ans, fait l’objet d’un contrôle de routine par la BAC (Brigade AntiCriminalité) sur la route d’Allata, près d’Ajaccio. Soudainement, l’homme quitte sa fourgonnette, bouscule les policiers et prend la fuite à pied. Lors de cette fuite, un coup de feu est tiré contre le policier qui le poursuit. Finalement, Bourgeaud se constitue prisonnier le 9 juin. Il vient d’être condamné à 18 mois de prison, dont 9 mois ferme. Il a reconnu avoir fui car il était porteur d’une arme 7,62 mais affirme ne pas avoir tiré volontairement sur le policier. Le coup serait parti quand il a chuté dans un ravin. L’arme n’a pas été retrouvée.
Le 25 septembre 2011, son fils, Dimitri Bourgeaud, jeune videur de 19 ans du « Pub Saint-James » à Porticcio, avait été abattu de plusieurs balles de 11,43. Plusieurs proches de la « bande du Petit Bar » ont été interpellés dans cette affaire. Une des explications de l’assassinat de Bourgeaud serait qu’il renseignait une équipe rivale. C’est depuis l’assassinat de son fils et de menaces qu’il aurait reçu depuis que Bernard Bourgeaud se serait armé.

 

19/06/13

14 ans de réclusion criminelle, voilà la condamnation annoncée par les jurés de la cour d'assises de Corse-du-Sud. Ils n'ont donc pas suivi la thèse soutenue par la défense, selon laquelle François Susini aurait tué Joël de la Foata en état de légitime défense. l'avocat général avait requis une peine de 18 à 20 ans de prison, indiquant que tous les éléments de l'intention d'homicide volontaire étaient réunis

 

24/06/13

Paul-Dominique Nicolaï, 55 ans, a été grièvement blessé devant un supermarché de Sartène, où il travaille. Déjà condamné, l’homme a été pris pour cible par 2 hommes en voiture. Ils auraient utilisé un fusil de chasse et une arme de poing. La BMW utilisée a été retrouvée incendiée peu de temps après.

 

28/06/13

Une autre tentative d'assassinat, Antoine Moretti, âgé d’une vingtaine d’années, a été pris pour cible alors qu’il conduisait son 4×4 dans cette même micro-région du Valinco. Il a seulement été blessé par des éclats de verre. Il avait été mis en examen (avec son frère Jean-Baptiste et un autre homme, Adrien Chilini) en janvier 2011 pour complicité de tentative d’homicide et association de malfaiteurs dans le cadre de la tentative de meurtre contre Jean-Pierre Giacomoni. Le 14 mai 2010, ce gérant de camping municipal, proche du leader nationaliste François Santoni (abattu en août 2001), avait été pris pour cible mais, blessé, avait réussi à riposter. Adrien Chilini, connu pour braquage, avait été tué en août 2011 alors qu’il était sous bracelet électronique.

 

03/07/13

Quatre hommes, liés grand banditisme corse, ont été victimes d’une fusillade près de Silvarecciu, village situé à 40 km au sud de Bastia, un peu avant 7h du matin. Jean-Dominique Cortopossi, 25 ans, est décédé des suites de ses blessures. On a retrouvé le corps d'un deuxième homme à une centaine de mètres à peine de l'endroit où les enquêteurs avaient repéré la voiture, Nicolas Boschetti, 31 ans, a été retrouvé perché sur un arbre quatre jours plus tard par des proches. Les deux autres occupants de la voiture, Jean-François Cervetto et Jean-Dominique Bonavita, sont à l’hôpital dans un état grave. Les pompiers étaient d’abord intervenus pour ce qu’ils pensaient être un accident de la circulation, la voiture ayant chuté dans un ravin plusieurs dizaines de mètres en contrebas de la route. Un cinquième passager, qui a alerté les secours, est en fuite. Les quatre hommes seraient proches de Christian Leoni, assassiné le 29 octobre 2011 par le FLNC. Le mouvement nationaliste l’accusait d’avoir tué l’un de ses cadres, Philippe Paoli, en 2011. Lié à la bande « Brise de Mer », Leoni était considéré comme un proche de Francis Mariani, tué en janvier 2009. Connu pour braquages, il avait été condamné à 2 ans de prison ferme en 2001 pour une affaire de machines à sous.

Nicolas Boschetti, Jean-Dominique Cortopossi, Jean-Dominique Bonavita et Jean-François Servetto étaient lourdement armés et portaient pour certains des gilets pare-balles et s'apprêtaient à exécuter un contrat? Est-ce l'équipe de la cible potentielle qui les a surpris en premier? Comment expliquer que le corps de Boschetti se trouvait à cet endroit?  Ont-ils été mitraillés depuis une autre voiture en marche et qui aurait dont entrainé la voiture dans le ravin? Encore beaucoup de travail pour les enquêteurs. Le 30 juillet dernier, Jean-Dominique Bonavita, le plus gravement touché des deux blessés (et qui avait été évacué dans un hôpital à Marseille) est décédé.

 

Ce guet-apens sonnerait presque comme le glas de la BDM, trois affidés assassinés sur "leur terre" par leurs ennemis, voilà qui est facheux. Cependant bin sûr rien n'indique que ces trois homems agissaient pour le compte de la BDM, il pourrait tout à faits'agir d'une vendetta personnelle (une de plus), des vendetta qui auront ces dernières années décimé une très grande partie de l'ex giron du banditisme Corse.

 

11/07/13

L’ancien dirigeant nationaliste corse Charles Pieri a repris jeudi le chemin de la prison, condamné à 18 mois ferme par le tribunal correctionnel d’Ajaccio pour détention illégale d’armes. A 63 ans, M. Pieri, qui fut l’un des chefs historiques du Front de libération nationale de la Corse (FLNC), il a été jugé en comparution immédiate par le tribunal correctionnel d’Ajaccio après avoir été arrêté mardi à son domicile de Sotta (Corse-du-Sud). Officiellement à la recherche du petit-fils de M. Pieri, dans le cadre d’une enquête sur des attentats à Corte (Haute-Corse) en 2012, les policiers ont découvert, cachés dans son jardin, deux pistolets semi-automatiques Glock 9 mm et plusieurs chargeurs.

Le procureur, Xavier Bonhomme, avait requis une peine de trois ans et demi de prison. Stigmatisant le grand nombre d’armes circulant en Corse, il a aussi souligné que Charles Pieri était en état de récidive légale, ayant été condamné pour des faits similaires en 2012 par la cour d’appel de Paris. M. Pieri, qui a dit au tribunal s’occuper désormais, avec sa jeune compagne, d’un élevage de chiens, a expliqué que les armes lui avaient été prêtées il y a trois semaines environ. Il a également dit avoir été plusieurs fois menacé et même poursuivi, il y a un mois, par une voiture.

En 1996, Charles Pieri avait miraculeusement survécu à un attentat à la voiture piégée le visant, sur le Vieux-Port de Bastia. Grièvement blessé, il avait perdu l’œil droit et une partie de l’ouïe. L’un de ses proches avait été tué.

Né à Bastia en 1950 dans une famille modeste, il fut employé à l’office local des HLM après deux années d’études de philosophie. Engagé dans le mouvement nationaliste, il devint en 1989 dirigeant d’A Cuncolta, vitrine légale du FLNC-Canal historique, puis du FLNC-Union des combattants. En 1984, il s’évada de prison avec Francis Mariani, un pilier de la bande criminelle bastiaise de la Brise de mer, tué en 2009, certains lui reprochant depuis des liens avec le milieu. Repris et jugé après le meurtre d’un légionnaire, il sera acquitté.

Il sera condamné, en 2001, à 5 ans de prison par la cour d’appel de Paris pour détention d’armes et association de malfaiteurs. En 2005, après une série d’enquêtes sur son implication dans diverses affaires financières, il prend dix ans pour malversations en relation avec une entreprise terroriste, extorsion de fonds et abus de biens sociaux. La peine est réduite à 8 ans l’année suivante, en appel. Sorti de prison en 2009, M. Pieri bénéficie d’un régime de semi-liberté, puis d’une libération conditionnelle en 2010. Mais, en juin 2011, s’étant soustrait au contrôle judiciaire, il est de nouveau arrêté en possession d’armes et de faux papiers et retourne purger les huit mois de sa peine.

Son fils, Christophe Pieri, 43 ans, a été condamné à deux ans ferme mercredi par le tribunal correctionnel de Bastia, également pour détention illégale d’arme et de munitions.

Arrêté mardi à son domicile de Prunelli-di-Fiumorbu (Haute-Corse), par des policiers de la Sdat, qui recherchaient aussi officiellement le neveu du prévenu pour les attentats de Corte, il a dit être armé après avoir échappé à une tentative d’assassinat près de chez lui en janvier.

 

15/07/13

Les secours pensaient intervenir sur un accident de la route à Olmiccia (Corse du Sud, près de Propriano). Ils ont découvert un homme de 65 ans, blessé par balles aux jambes et inconscient à son volant. La victime, Jean-Pierre Poudevigne, était déjà connue de la police : il avait notamment été condamné à 16 ans de prison pour vol à main armée. Les enquêteurs ont d’abord envisagé un règlement de comptes avant d’établir que l’homme s’était involontairement tiré dessus avec son arme placée à sa hanche. Une perquisition à son domicile a permis de saisir une douzaine de détonateurs.

 

21/07/13

La fête continue à Borgo, les surveillants de la prison ont découvert dans la soirée du 19 au 20 juillet du matériel qui devait servir à une évasion, a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information de la CGT pénitentiaire. Les «ingrédients» pour préparer «une évasion d'une rare violence» étaient cachés «dans un extincteur, lui-même caché dans le faux plafond d'un local commun», a annoncé la CGT Pénitentiaire. Le matériel en question, découvert lors d’une «fouille ciblée» concernerait «des cagoules, gants, colliers de serrage - menottes en plastiques -, armes factices, et des ingrédients qui devaient servir à fabriquer une bombe agricole», a-t-on appris auprès d'une source proche du dossier.

Pour l'heure, «il est difficile de dire qui a planifié l'évasion, étant donné que le matériel a été retrouvé dans les lieux communs de la prison auxquels les détenus ont accès», précise-t-on. Par ailleurs, la prison de Borgo est confrontée à «un phénomène en pleine explosion» : le «parachutage» d'objets projetés par-dessus les murs, indique un responsable de la C.G.T. Pénitentiaire, en critiquant le manque de moyens alloués, notamment de scanners pour assurer la sécurité.

 

24/07/13

Jacques Santoni a obtenu satisfaction devant la Cour d'Appel de Bastia. Les magistrats ont accepté "sa suspension de peine" en raison de son handicap, il avait été condamné en février dernier à 3 ans de prison ferme pour complicité d’extorsion de fonds. Seulement voilà cet homme de 35 ans, présenté comme le parrain de la bande du « Petit Bar » d’Ajaccio, est gravement handicapé, étant paralysé des bras et des jambes depuis un accident de moto à Noël 2002. Son handicap nécessite des soins lourds et aucune structure pénitentiaire n’est adaptée. C’est ce qu’a plaidé son avocat après sa condamnation en février dernier, présentant des expertises en ce sens. Le 30 mai dernier, le juge d’application des peines a pourtant demandé son incarcération, d’où la demande devant la Cour d’Appel.

Jacques Santoni est considéré comme le « cerveau » de la bande du « Petit Bar ». Il avait déjà été condamné en 2005 à 2 ans de prison, dont 18 mois avec sursis pour extorsion de fond à l'encontre d'un restaurateur ajaccien. Sa condamnation à 3 ans de prison (il est en récidive) a été rendue possible grâce à la « sonorisation » de son appartement, permettant d’enregistrer ses conversations avec d’autres membres du « Petit Bar ».

 

14/08/13

Une affaire peu banale mais qui en dit long, un ex haut gradé de la gendarmerie a été renvoyé, début octobre, devant le tribunal correctionnel de Bastia pour plusieurs délits commis lors de son affectation en Corse mais aussi, plus tard, dans le Var où il avait été muté l'été 2007. L'affaire sera jugée les 1er et 2 octobre. Il s'agit de François Levan, un ancien chef de l'antenne de Haute-Corse de la section de recherches. Tout part de l'enquête sur la tentative de racket dont a été victime, en 2007, le restaurateur Lucien Benvenuti à Saint-Florent. Des poursuites judiciaires avaient alors été engagées contre cet officier de gendarmerie qui était à ce moment-là responsable du détachement nordiste de la section de recherches d'Ajaccio. François Levan avait été mis en examen par le juge Vincent Raffray pour « transgression du secret de l'instruction ». Il était soupçonné d'avoir divulgué des informations sur le déroulement des investigations à l'un des racketteurs de Lucien Benvenuti.

Les soupçons portent notamment sur des stocks de cannabis saisis lors d'enquêtes qui ont disparu des casernes où ils étaient entreposés. Des stupéfiants que le capitaine François Levan prétendait avoir lui-même détruits et pour lesquels il a rédigé des procès-verbaux dont certains étaient antidatés. Environ 80 kg se seraient ainsi volatilisés et lui auraient peut-être permis de se livrer à un juteux marché. Des méthodes que le « Chinois », surnom du capitaine Levan (aucun lien avec Raymond Mihières haha), aurait reprises lors de son affectation suivante à Fréjus dans le Var. Là aussi, près d'une centaine de kilos de haschisch saisie s'était volatilisée de la même façon. Ce qui vaut à l'officier une autre convocation devant la justice, à Draguignan cette fois-ci.

Lors de la poursuite de leur enquête, les militaires feront d'autres découvertes tout aussi accablantes pour le capitaine de gendarmerie. Séquestration, écoutes téléphoniques illégales revendues 100 euros par jour et par personne aux principaux intéressés, pour la plupart des « amis » du milieu qui profitaient du système pour connaître les agissements de leurs concurrents directs. Le capitaine François Levan, qui a toujours nié les faits qui lui sont reprochés, sera donc renvoyé devant le tribunal correctionnel de Bastia. Il est suspendu depuis 2009 et mis en examen par le juge Vincent Raffray.

 

A lire

 

http://www.jolpress.com/corse-livre-robert-colonna-istria-corses-mafia-article-820843.html

 

 

Contrairement à Francis Gruzelle je cite mes Sources: Corse Matin/Crimorg, je le déconseille vivement de faire un copier coller.  A-t-on retiré la carte de presse à ce grand journaliste?

 

 

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Published by Desmoulins - dans Le milieu Corse
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