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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 17:02

L'été a été un peu plus calme que prévu et à la rentrée de septembre ce sont même des vaches qui ont fait les titres (pas les gros non plus) des médias locaux. En effet deux affaires similaires à quelques jours d'intervalles, la mort par balles de 6 vaches dont trois appartenaient à Jean-Michel Seni, un agriculteur Corse qui est depuis le mardi 28 mai 2013, sous le coup d'un arrêté d'expulsion par la force publique. Ses terres ont été vendus aux enchères en 2007 et c'est un ancien enseignant à Mayotte qui s'était porté acquereur, Patrick Scatena. Depuis les nouveaux propriétaires s'efforçaient à mettre un terme au bail locatif de l'exploitant agricole jusque là sans succès. Jean-Michel Seni lui est persuadé que ces vaches ont été tués par un homme à moto et accuse Scatena du méfait qui s'en défend. Selon plusieurs médias locaux, le 8 juillet dernier au tribunal administratif de Bastia, Patrice Scatena avait demandé  "d’éradiquer" les 40 bovins de Jean Michel Seni, les jugeant  "bêtes dangereuses à abattre". Difficile d'y voir clair en tout cas les bêtes ont été abattus la veille de l'expulsion supposée de Mr Serni et sa famille, expulsion qui sera repoussée au 14 octobre (dû notamment à une forte mobilisation de soutien) où cette fois-ci toute la famille de M. Serni sera relogée dans un logement social à Vico (un relogement que refusait Jean-Michel Serni).

Loin de moi de vouloir ironiser sur le sort de ces vaches tuées, il est intéressant aussi de mettre en lumière cet autre drame corse de la spéculation du foncier qui fait beaucoup de mal aux agriculteurs et pas seulement). Ces faits sont evidemment preuve des tensions qui règnent sur les Terres Corses, que ce soit la vie d'une famille et de l'exploitation du domaine agricole ou de spéculation immobilière et ses millions d'euros, le drame se dessine sur le même fonds de cynisme absolu. Tous les Corses sont dans le même bateau.

 

Revenons en à nos malfrats, le 10 septembre la Cour d’Assises du Var avait commencé à juger Julien Paldacci, 57 ans, pour une tentative de braquage contre une banque de La Seyne-sur-Mer le 22 juin 1987. Le directeur avait été pris en otage et un policier, le sous-brigadier Alain Vella, avait été tué d’une balle dans la tête. Ancien employé d’un cercle de jeux à Paris, Paldacci avait été condamné par contumace à la prison à vie le 14 décembre 1992.
Mr Paldacci avait opéré avec deux complices dont un bien connu des services Ange-Toussaint Federici qui purge actuellement une peine de prison de 30 ans de prison depuis son procès en appel en octobre 2012 pour sa participation à la tuerie du Bar des Marroniers.

L'autre complice était le palermitain Antonio Roméo qui avait été arrêté en 1994 en Belgique et condamné pour une dizaine de braquages. Extradé en France en janvier 1997, il avait été condamné à 20 ans de prison en décembre 1997.
De son côté, Julien Paldacci avait été interpellé le 18 mai 2012 par la Brigade Nationale de Recherche des Fugitifs (BNRF) à Villejuif (Val-de-Marne), en compagnie de son complice Yves Navarro, 54 ans. Les deux hommes avaient été condamnés par contumace en mai 1996 à 20 ans de prison pour leur participation au braquage d’un fourgon blindé à Nice en décembre 1987 (butin de 9,2 millions de FRF, 1,4 million d’euros). En juillet dernier, Paldacci et Navarro ont été condamnés, dans une affaire de braquage de fourgon à Nice en 87, à 5 ans de prison dont 1 avec sursis. Et bien Paldacci sera après 3 jours de procès acquitté par la Cour d'Assises, le parquet fera appel en octobre de cette décision.

Le statut de repenti

Le 12 septembre dans la presse, on commence à parler d'un dispositif concernant les repentis, qui devrait être opérationnel début 2014. La ministre de la Justice Christiane Taubira avait annoncé fin novembre 2012, à l'occasion d'un déplacement en Corse avec son collègue de l'Intérieur Manuel Valls, son intention de finaliser "ce décret sur les repentis qui permettra aux personnes qui le souhaitent de sortir de la criminalité organisée".

La loi Perben 2 de mars 2004 avait introduit dans le code pénal des dispositions sur les repentis, mais les décrets d'application n'avaient jamais été pris.
Depuis 2002, la loi prévoit le "témoignage sous X", mais la disposition se heurte pour les personnes impliquées dans des organisations criminelles au fait que leur nom apparaît en général ailleurs dans les procédures, selon des sources policières. Concrètement, dans le cadre du nouveau système, le parquet ou le juge d'instruction (en informant le parquet) pourra demander à ce qu'une personne bénéficie du statut de "collaborateur de justice".

Une commission réunissant trois magistrats, trois représentants du ministère de l'Intérieur et un du Budget examinera les demandes et pourra décider des mesures dont bénéficiera le repenti, ainsi que de ses obligations éventuelles. 
Cette "commission nationale de protection et réinsertion" sera également chargée du suivi des repentis et des mesures d'accompagnement. Le financement des mesures de protection, qui pourront également concerner les familles des repentis, se fera via l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc), qui gère les biens confisqués dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée. (source agences)

Et il y a seulement quelques jours un témoignage dans l'Express fera ressurgir la notion de repenti, Claude Chossat ancien chauffeur de Francis Mariani (merci à rufflo pour m'avoir indiqué la coquille) et ancien de la BDM se livre dans l'hebdomadaire, qui n'hésite pas à le qualifier en titre come le "1er repenti Corse". Mais ce 12 septembre l'actualité de règlement de comptes Corse refait lui aussi surface. Un homme à pied entre dans l’établissement « Kiosque Sushi », situé en plein coeur d’Ajaccio, face à la mairie. Il fait feu à plusieurs reprises avant de prendre la fuite sur une moto conduite par un complice. 3 hommes ont été blessés : Frédéric Salini, 34 ans, gérant de l’établissement et considéré comme proche du club de foot Gazelec d’Ajaccio ; Kevin C., 27 ans, employé et Vincent E., 22 ans, un simple client attablé en terrasse. La moto a été retrouvée incendiée peu après à l’extérieur de la ville.

Le lendemain la police communiquera les résultats d'une enquête qui venait de démanteler un trafic d’armes et de drogue entre Marseille et la Corse. 100.000 euros en liquide, une dizaine d’armes à feu (armes de poing et fusils à lunettes), 1 kg de cocaïne et des produits de coupage ont été saisis. La valeur marchande de la cocaïne s’établirait entre 175.000 et 275.000 euros à la revente au détail, selon un enquêteur. Les personnes interpellées seraient proches d’Ange-Toussaint Federici ou de Jacques Mariani.

Parmi elles, figure un marin de la SNCM, Camille Abboche, 45 ans secrétaire général adjoint du syndicat CFTC, interpellé à Marseille, présenté de source proche de l'enquête comme "l'un des pivots du trafic". Celui-si selon les enquêteurs avait une grosse influence surplusieurs marins dont il connaissait les difficultés financières. La garde à vue des 18 personnes - 15 suspects et trois de leurs épouses –soupçonnés d'avoir acheminé ou participé à un trafic d'armes et de drogue à bord de bateaux de la compagnie, selon une source proche du dossier.

Le principal mis en cause est Christophe Anziani âgé de 35 ans, avait été interpellé près de l'Ile Rousse en Haute-Corse, en train d'effectuer une transaction portant sur des armes et des stupéfiants avec Lucien P. un marin de 49 ans.  Aneziani faisait l'objet d'une fiche de recherches pour une condamnation à trois ans de prison pour contrefaçon de cartes bancaires.
Les autres personnes, dont deux conjointes de suspects, ont été arrêtées dans la foulée. La plupart sont connus des services de police. Les surveilances effectuées en amont des interpellations ont permsi d'observer plusieurs suspects, proches des bandes de la BDM et des Bergers de Venzolasca, en train de se réunir au sein d'un bar de Lucciana, appelé le Master Café. Les enquêteurs pensent que cette drogue et ces armes étaient destinés à ces deux équipes.
Huit personnes sont entendues au commissariat de Bastia. A l'issue des gardes à vue, plusieurs d'entre elles ont été déférées à Paris, pour être présentées au juge d'instruction. 
 
Beaucoup de procès en cours pour le milieu Corse

Le procès du Cercle Wagram Acte 2 débuta le 16/09/13, avec en figure tutélaire Jean-Angelo Guazelli, un simple producteur d'huile d'olive comme il se présente. Pourtant, son nom, a suffit à faire planer l'ombre du grand banditisme corse sur la gestion du cercle de jeux Wagram et ce alors que Guazelli nie en bloc faire partie de la BDM et il dit même que lea BDM n'a jamais existé (un système de défense qui sent un peu le renfermé à la manière des mafieux américains de cosa nostra dans les années 40/50.  On a déjà suffisement parlé des tenants et aboutissants de cette affaire (relire les articles précédents) je reviens brièvement sur les faits :

Le 19 janvier 2011, Jean Testanière, Jean-François Rossi et Honoré Renon étaient chassés manu militari par une autre équipe de malfaiteurs. Parmi eux, Jean-Luc Germani, beau-frère de Richard Casanova, que les policiers considèrent comme son héritier qui serait venu reprendre la main sur le cercle. Cette deuxième équipe a été jugée et condamnée en décembre 2012. Le procès en appel doit s'ouvrir le 14 novembre d'ailleurs.

 

Avec Guazelli, dans le box des accusés, 15 personnes dont des anciens policiers, un"mage" ou encore le maire d'une petite commune de Haute-Corse. Tous doivent répondre des accusations d'abus de confiance et pour certains de travail dissimulé. Ils sont soupçonnés d'avoir mis la main sur le cercle de jeu parisien pour en détourner de fortes sommes en espèces et alimenter le milieu insulaire.

Problème, à part Honoré Renon, un ancien policier du service des courses et jeux, qui assurait la présidence du conseil d'administration, tous les autres témoins de l'affaire se montre moins prolixe quand à l'implication de Guazelli dans le Cercle Wagram. Ainsi, Jean Testanière, dit "le mage", connu pour ses relations dans le showbiz et la politique, qui occupait les fonctions de secrétaire de l'association Wagram, a finalement refusé de mettre en cause M. Guazelli après avoir convenu que c'était bien lui le vrai patron. Idem pour Jean-François Rossi, le trésorier du cercle. Alors qu'il avait indiqué dans un premier temps que le cercle était tenu par des "bandits corses", Richard Casanova, l'un des pontes de la brise de mer, d'abord, puis après sa mort, Jean-Angelo Guazzelli, M. Rossi est finalement revenu entièrement sur ses premières déclarations, indiquant n'avoir eu jamais connaissance du rôle joué par M. Guazelli.

 

Les juges, pourtant, ont réussi à mettre au jour une partie du circuit emprunté par l'argent liquide qui sortait du cercle. Jean Casta, ancien cadre d'Air France, maire de la commune de Pietralba, en Haute-Corse, et ami de la famille Guazzelli transportait des enveloppes d'argent liquide entre le cercle Wagram et la Corse, "par amitié" pour la famille Guazzelli. Il aurait ainsi transporté entre 5 et 10 millions d'euros entre 2000 et 2011. Mais deux mois plus tard, il assurait avoir tout inventé. Malgré tout ça le Parquet fera ses réquisitions : trois ans d'emprisonnement, dont 18 mois avec sursis, à l'encontre de Jean Testanière et Jean-François Rossi, les deux hommes que Jean-Angelo Guazzelli aurait placé à la tête du cercle et qui en assuraient la gestion au quotidien.

Chargé du transport d'enveloppes d'espèces, issues du cercle, entre Paris et la Corse à destination de Jean-Angelo Guazzelli, Jean Casta a vu requérir contre lui deux ans d'emprisonnement ferme devant le tribunal correctionnel de Paris.
Le parquet a également requis 30 mois d'emprisonnement chacun, dont 18 avec sursis à l'encontre des anciens responsables de jeux au sein du cercle, Michel Ferracci et Arnaud Graziani. Pour Guazelli la réquisition est de 4 ans de prison, pour ce qui est des avocats de la défense ils sont tous requis la relaxe pour leurs clients.

Au dernier jour d'audience le 4 octobre, l'avocat de Valérie Daydé la femme de Jean-Angelo Guazelli, Lef Forster se serait particulièrement illustré.  « Le créateur, le chef occulte de la Brise de mer, c'est moi ! », lâcha-t-il. « Comment puis-je vous le prouver ? Je ne le peux pas. Mais si je ne le peux pas, comment pouvez-vous demander à M.Guazzelli de prouver qu'il ne l'est pas ? » : si personne ne peut prouver que Jean Guazelli est le bandit que l'on présente, comment dès lors imaginer pouvoir un seul instant condamner sa compagne pour « association de malfaiteur »? (source cr agences)

Lors du procès, deux hommes seront appelés à la barre par le président Denis Couhé. Deux hommes natifs du Tchad et responsable du société de sécurité. Le patron, Nadji Boyra et son employé et collaborateur Ali Kolingar. Tous deux ont monté des sociétés de gardiennage qui œuvrent dans le show-biz et les spectacles. Le dossier de Nadji Boyra tend à prouver qu'il a toujours été vigilant dans la gestion de sa société, qui a compté jusqu'à une trentaine de salariés.

A la fin des années 90, son ami Ali Kolingar lui amène sur un plateau un marché prometteur, la sécurité du cercle Wagram. C'est en soulevant de la fonte avec un membre influent du cercle qu'il découvre cette possibilité. Lui qui ne connaît rien au jeu va rapidement faire connaissance avec les lieux et les gens qui le dirigent. Jusqu'en 2009, la sécurité du cercle Wagram était gérée en interne, mais sans donner satisfaction. Grâce donc à Ali Kolingar, la société de Nadji Boyra récupère le marché, un marché qui s'annonce excellent. Leur témoignages mettra à jour les salaires occultes que brassaient le Cercle vis à vis de ses employés ainsi que l'amnésie des prévenus sur la gestion d'une telle caisse noire. Cette journée d'audience a semblé très drôle bien que banale. Le tribunal rendra sa décision le 4 novembre prochain.

La liste des règlements de comptes s'allongent de nouveau le 18 septembre avec l'assassinat de Patrice Madelaine, 50 ans, promoteur immobilier, a été abattu à Ajaccio par un homme, qui a pris la suite dans un utilitaire conduit par un complice. L’homme sortait d’une réunion de travail  sur le chantier des « Terrasses du Lazaret », une résidence en construction à Aspretto. Patrice Madelaine avait notamment été associé à Charles Philippe Paoli,entrepreneur du bâtiment assassiné en juin 2011 à Folelli (Haute-Corse), dans un gros projet immobilier sur la côte orientale de l’île.

En dehors d'une activité très prenante dans le secteur du BTP, Patrice Madelaine n'était connu que sur les podiums de la coupe amateur de course automobile en tant que gentleman driver. Patrice Madelaine était originaire du Continent. Mais depuis 2005, il semblait bien implanté dans l'île. Il était le gérant ou le président d'au moins six entreprises basées en Corse. La dernière, ABGS Immobilier, avait été créée en avril 2011. L'activité principale de cette entreprise étant le support juridique de programmes de construction. Du conseil pour les affaires ou la gestion, en passant par la promotion immobilière ou encore les fonds de placement et entités financières, Patrice Madelaine diversifiait ses activités.

Ses entreprises corses ont toutes leur siège social à Santa Maria Poggio. Une région où la victime était le gérant du complexe immobilier Melody. C'est à l'occasion de ce chantier particulier qu'il avait collaboré avec deux entrepreneurs locaux dans la construction du projet. Deux entrepreneurs en BTP qui ont également eu - est-ce une coïncidence ? - une fin tragique. Victor Ribeiro était assassiné le 20 novembre 2012 par deux tirs de chevrotine. Charles-Philippe Paoli lui a été tué le 28 juin 2011. Quelques jours avant ce premier crime, le complexe Melody avait été la cible d'un attentat. À l'époque, un conflit autour de l'immobilier avait été évoqué. L'assassinat de Patrice Madelaine peut-il s'inscrire dans ce contexte ? (source Corse Matin) Il est certain que trois entreprenneurs assassinés dans les mêmes conditions et qui otntravaillé sur le même projet est un indice clair quand à l'alibi. L'immobilier tue en Corse ce n'est pas nouveau et c'est à tendance à exacerber la véritable foire d'mpoigne entre différentes petites équipes prêtes à tout.

Le 18/09/13, la Cour d’Appel de Bastia vient de condamner à 8 ans de prison (contre 7 ans en première instance) les frères jumeaux Pantalacci pour la fusillade dans la boite de nuit "Sun Club" à Porticcio el 22 août 2010 qui a fait 5 blessés. Les deux frères ont d'autres casseroles aux fesses (voir les précédents articles) et n'en ont pas encore fini avec la justice.

Le 25/09/13, Paul Lantieri, le principal prévenu dans le dossier du Cercle Concorde (un autre cercle de jeux à Paris), a été condamné par le tribunal correctionnel de Marseille à trois ans de prison. En juin, cinq ans de prison ferme avaient été requis à l'encontre du quinquagénaire, réapparu le 27 mai, au premier jour d'audience, après cinq ans et demi de cavale.

http://www.lejdd.fr/var/lejdd/storage/images/media/images/societe/justice/paul-lantieri/8974124-1-fre-FR/Paul-Lantieri.jpgPaul Lantieri

Paul Lantieri a été reconnu coupable "d'association de malfaiteurs en vue de blanchiment, d'abus de biens sociaux et d'abus de confiance", mais relaxé pour un certain nombre d'autres chefs d'inculpation. Le tribunal a prononcé une peine de dix-huit mois de prison et une amende de 100 000 euros contre le financier suisse François Rouge. L'ex-gendarme Paul Barril, ancien numéro deux du groupe du GIGN, a été relaxé, de même que Roland Cassone dans le seul dossier Concorde. Ce parrain présumé de la pègre marseillaise a cependant été condamné à dix mois pour détention d'armes.

http://www.denistouret.net/constit/Barril_old.jpg Paul Barril

Huit relaxes ont au total été prononcées et certains chefs de poursuite, notamment en matière d'extorsion et de blanchiment, abandonnés. La justice reprochait à M. Lantieri d'avoir dirigé le cercle de la rue Cadet (9earrondissement de Paris), dont la gestion fut émaillée de malversations multiples au cours de sa courte existence, de son inauguration en grande pompe à la fin de 2006 jusqu'à sa fermeture à la fin de 2007, sur fond d'arrestations. Paul Lantieri aurait aussi été au cœur de rivalités musclées que les gains mirobolants de l'établissement – on parle de 15 000 euros par jour – ont suscitées entre clans corses.

Pour l'accusation, deux camps se sont affrontées au Concorde : celui de Paul Lantieri, le financier un spécialiste du monde de la nuit, associé à François Rouge, et le camp autour de feu Edmond Raffali, le "politique" qui avait obtenu l'autorisation d'ouvrir un établissement aux contours pourtant opaques.

Les preuves ont manqué, notamment en matière d'extorsion et de recel d'abus de confiance, réduisant l'essentiel de l'affaire à des infractions à la législation sur les jeux et aux règles fiscales. Deux ans ferme telle est la sanction à l'encontre de Jean-François Federici, le frère d'Ange-Toussaint Federici, un des hommes nommé par le camp Raffali pour régler la querelle interne, qui finalement fit main basse sur les lieux. A noter que Jean-François est aussi mis en examen dans l'affaire du double meurtre des cousins Mattei (lié à une vendetta interne à la BDM) en février 2011. Federici est officiellement un exploitant agricole de fruits et légumes à Venzolasca.

Le 27/09/13, Pascal Porri, 40 ans, est placé sous contrôle judiciaire par la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix, dans l'affaire de l'assassinat de Me Sollacaro. Il venait d’être libéré sous contrôle judiciaire après 6 mois de détention préventive. Il est suspecté d'avoir recelé la moto retrouvée incendiée après l'assassinat, mais n'est pas mis en examen pour l'assassinat qui ne lui est pas directement reproché.

Pascal Porri avait été interpellé lors d'un coup de filet en Corse et sur le Continent à la fin mars dernier. Il portait un bracelet électronique lors de son arrestation, avait à l'époque indiqué son avocat, Me Pascal Garbarini (dont on reparlera plus tard).
Trois hommes avaient été mis en examen début avril à l'issue de cette vague d'arrestations: Porri, mais aussi André Bacchiolelli et Mickaël Ettori, mis en examen pour assassinat, et qui restent détenus.

Fin septembre, douze personnes ont été notamment interpellées dans la région ajaccienne et placées en garde à vue au commissariat d'Ajaccio. Parmi elles, figurent plusieurs individus membres présumés de "bande du Petit Bar". Une fois encore, preuve que malgré la représsion, et les règlements de comptes la bande d'Ajaccio a largement été au delà deses prérogatives habituelles et semblent pleine d'ambition si l'on en juge par les profils des interpellés. Plusieurs malfaiteurs espagnols d'origine colombienne, ont été également arrêtés. Les différents protagonistes ont pu être identifiés à l'issue d'un rendez-vous programmé fin septembre dans les Pyrénées-Orientales entre les deux parties – corse et espagnole - et arrêtés dans la foulée.

Les réseaux d'acheminement de drogues entre l'Espagne et la Corse semblent très bien rôdés, que ce soit aussi bien celui des Nordistes que des Sudistes, les règlements de comptes n'ont pas eu raison de la motivation des troupes ni de leur zèle à faire fructifier les gains. Néanmoins les dernières opérations de police ont mis à mal le trafic mais comme la nature à horreur du vide.....

 

 

(Sources : Le Monde ; Corse Matin ; Alta Frequenza )

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Published by Desmoulins - dans Le milieu Corse
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commentaires

ruffo 28/10/2013 06:23

Vos articles sont toujours aussi intéressants.
Une grosse erreur, cependant : Chossat n'était pas le chauffeur de Casanova mais de Mariani.

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