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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 14:16

Puisqu’on parlait d’Alain Orsoni dans le dernier article, on a eu des nouvelles du fils dernièrement, Guy Orsoni (il porte le même prénom que son oncle, militant nationaliste tué en 1983 *). Recherché depuis juin 2009, Guy Orsoni, 26 ans, a été interpellé le 11 mars à Madrid par la Brigade Nationale de Recherche des Fugitifs (BNRF) épaulée par des policiers espagnols.

 

 

Le fils d’Alain Orsoni, président de l’AC Ajaccio et ancien leader de l’ex-MPA (Mouvement Pour l’Autodétermination), faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis à Montpellier dans le cadre d’une affaire de blanchiment d’argent en lien avec un trafic de stupéfiants. D’abord relaxé dans cette affaire en mars 2010, lui et ses deux complices avaient été condamné en appel, en son absence, en janvier 2011. Il devra à nouveau comparaître dans ce dossier. Il est aussi soupçonné par le juge Choquet de la JIRS de Marseille d’être impliqué dans 4 assassinats intervenus en Corse en 2009 : Thierry Castola, Sabri Brahimi, Nicolas Salini et Jean-Noël Dettori.

Trois jours avant l’interpellation de Guy Orsoni, dans le cadre de l’assassinat de Thierry Castola, 4 personnes, dont 2 femmes, étaient interpellées et placées en garde à vue. Dans le même temps, 3 hommes, dont certains déjà détenus dans l’affaire de la tentative d’assassinat contre Francis Castola (le petit frère de Thierry), étaient extraient de leurs cellules pour être également entendus. Tous ont été relâchés ou reconduits en cellule. Toutes les personnes mises en examen dans ce dossier ont été libérées sous contrôle judiciaire.

Jean-Baptiste Ottavi, déjà condamné dans l’affaire de Montpellier, est également mis en examen dans les dossiers Brahimi et Castola Thierry.

 

Des histoires qui durent

 

Le Francis Castola qui avait été arrêté fin septembre 2010 à la frontière franco-espagnole avec deux complices en possession de presque 5 kilos de cocaine. Les fonctionnaires de la PJ de Nice ont intercepté trois hommes conduisant deux voitures et un deux-roues. Dans le sac du motard, Eric Jourdan, 4,8 kg de cocaïne. Krisna Léger et Francis Castola n'ont pas de drogue sur eux, mais ils sont suspectés de faire partie d'un « go fast » venant d'Espagne. Le lendemain de leur arrestation, alors que se tenaient des perquisitions, deux personnes sont arrêtées sur la Côte d'Azur. Dont Claude Lefèvre. Tous les quatre ont été mis en examen après plusieurs jorus d’audition et placé sous écrou.

L'affaire qui est instruite par le juge Philippe Dorcet de la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille concerne un vaste réseau de drogue entre l'Espagne, la France et l'Italie.

A l'exception de Francis Castola, ils sont tous trois connus de la police pour des activités liées au grand banditisme sur la Côte d'Azur. Eric Jourdan avait d'ailleurs purgé une peine de réclusion criminelle pour trafic de stupéfiants. De même que Krisna Léger. Francis Castola, membre supposé de la bande du Petit Bar, avait quant à lui été condamné en 2007 à quatre ans de prison pour tentative d'homicide à Ajaccio.

La suite de l'instruction devrait permettre de situer la réelle implication de Francis Castola dans un trafic de stupéfiants qui aurait alimenté les nuits cannoises et italiennes.

 

La vendetta des fils

 

Les deux « fils » sont soupçonnés d’être derrière plusieurs meurtres qui déchirent l’île depuis trois ans, depuis le retour d’Alain Orsoni d’Amérique du Sud d’ailleurs.

Une vendetta qui a commencé par une amitié brisée. Au milieu des années 90, alors que la guerre entre nationalistes fait rage, Alain Orsoni, le « bel Alain », comme on l'appelle en Corse, part se mettre à l'abri au Nicaragua. Qui lui prête l'argent pour monter là-bas une société de jeu ? Francis Castola père, son ami intime et compagnon de route du Mouvement pour l'autodétermination (MPA). Mais lorsque ce dernier est abattu, ses fils réclament le remboursement des dettes. Le temps tourne à l'orage, d'autant que les deux fils Castola se sont rapprochés de la bande du Petit Bar, ennemie jurée d'Alain Orsoni. Une partie du gang s'est d'ailleurs fait coffrer à la fin de l'été 2008 pour avoir projeté de le tuer (cf  l’article précédent.

Lors d'une perquisition, la police a trouvé une lettre adressée par Alain Orsoni à la famille Castola : « Le gibier n'a pas coutume de payer les cartouches du chasseur qui veut le tuer... donc vous allez vous faire enculer ! » Une fin de non-recevoir suivie de cette menace : « Ne vous approchez plus ! Ne prenez plus de renseignements sur mon fils. » En l'occurrence, Guy, 25 ans, pour lequel son père se fait du mouron. C'est en partie pour lui qu'Alain est rentré au pays dit on.

Le rejeton avait été interpellé à Perpignan, en mars 2008, avec un sac contenant 50 000 euros sur lequel les policiers avaient décelé des traces de cocaïne. Alain avait même demandé à l'un de ses proches, Noël Andreani, de « protéger » son fils, livré à lui-même. Un ange gardien qui s'est fait tuer dans les rues d'Ajaccio, victime d'une décharge de chevrotine en juin 2009.

Depuis Thierry Castola, le plus vieux des frères, a été tué en janvier 2009 et Francis Castola fils a réchappé à deux tentatives d’homicide en 2009 à deux mois d’intervalle, une personne, Jérémy Capita, fut mis en examen en juillet de la même année en relation avec ces tentatives d’assassinat.

 

« Les fils sont encore plus dangereux et plus fous que leurs pères, car ils se bourrent de cocaïne », affirme un policier. Et d'égrener des noms : Augustin Federicci, dit « Tintin », en cavale, fils d'Ange-Marie Toussaint ; Christophe Pieri, en prison, fils de Charles ; et surtout Jacques Mariani, fils de Francis, un des piliers de la Brise de mer, mort en janvier dans l'explosion d'un hangar près d'Aléria. Incarcéré à la centrale de Saint-Maur (Indre) pour son implication dans le meurtre d'un jeune nationaliste (Nicolas Montigny, je reviendrais sur cette affaire dans un prochain article.), il est soupçonné d'avoir utilisé son portable en prison pour piloter une extorsion de fonds d'environ 300 000 euros. Une partie de l'argent lui aurait servi à cantiner luxueusement et à organiser, au printemps dernier, son mariage en prison, avec pièce montée. Les policiers se disent effarés par ses propos, captés sur écoutes téléphoniques, qui « transpirent la haine ». Il en veut surtout à Alexandre Vittini, qui, à son côté sur le banc des accusés, s'en est tiré par un acquittement. Fâcheux hasard : le père de ce dernier, Daniel, a été exécuté de deux balles dans le dos (les soupçons pesaient sur feu Francis Mariani de l’avoir tué), à l'été 2008. De quoi allumer la mèche d'une autre vendetta des fils.

 

 

* Guy Orsoni a été enlevé par des truands du sud de l’île. Les voyous de la bande du Valinco dirigée par Jean Alfonsi dit Jeannot le Long auraient voulu en fait se débarrasser de Roger Orsoni, l’oncle de Guy et d’Alain Orsoni, alors dirigeant du FLNC. Le jeune homme, fait prisonnier au lion de Roccapina est alors tabassé et jeté dans le coffre de la voiture de son oncle, une Mercedes. Il meurt à l’intérieur de cet habitacle.

Les voyous sont dirigés par Jean-Marc Leccia, un trafiquant de drogue travaillant pour les Zemour et Salvatore Contini, un sarde membre de l’Anonima sequestri, la mafia sarde.

Jean-Marc Leccia aurait sollicité Jean Alfonsi, dit "Jeannot le Long", parrain du bar le Valinco, qui avec l'aide de Henri Rossi, Paul Andréani et Salvatore Contini, aurait procédé à l'enlèvement et à l'assassinat de Guy Orsoni, dont le corps restera introuvable.

 

 

(certaines sources cités par Le Point et Corse Matin)

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Published by Desmoulins - dans Le milieu Corse
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