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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 12:46

Les suicides dans la fonction publique ne font pas les titres des journaux à contrario de ceux dans le secteur privé !

La journée de dimanche aura connu notamment deux suicides de membres des forces de l’ordre, dans le XXème arrondissement de Paris et à ST Omer.

Les suicides qui ne font pas de « bruit » pourraient nous faire croire qu’ils ne découlent pas du même malaise ambiant sur les lieux de travail ?

 

 

Il y a quelques années les médias se plaisaient aussi à faire un décompte macabre des suicides chez les policiers et gendarmes de France. Reprenant à bon compte ces faits tragiques dans une surenchère médiatique et clientéliste sur l’insécurité. Evidemment si on se suicide chez les policiers c’est à cause des délinquants qu’ils arrêtent, et de leur nombre soit disant croissant. Ce n’est pas la faute à une hiérarchie ou un contexte de travail ou le chiffre (comme le secteur privé) doit primer.

Quel est l’intérêt de parler d’une vague de suicides (France Telecom) et pas d’une autre ? Et puis revenir dessus de temps à autre comme un vulgaire marronnier journalistique ?

Les autres secteurs de la Fonction Publique eux aussi connaissent une recrudescence de suicides ces dernières années, comme si le fonctionnaire français déjà « fainéant et trop payé » ne faisait pas partie du corps des travailleurs français et qu’à cet égard il ne méritait aucunes considérations.

 

Or, en début de semaine, Le syndicat FO a accusé la Révision générale des politiques publiques (RGPP), le vaste programme de réorganisations et d'économies de l'Etat, d'être à l'origine d'un nombre croissant de suicides dans la Fonction publique d'Etat, et notamment au ministère de l'Ecologie. FO "a connaissance d'un nombre croissant de suicides de fonctionnaires de l'Etat, à tous les niveaux hiérarchiques", a déclaré le syndicat dans un communiqué. Sans donner de chiffres, Pascal Pavageau, secrétaire confédéral FO, estime qu'il "y en a particulièrement au ministère de l'Ecologie, de l'Energie, du Développement durable et de la Mer (Meedem)".Interrogé, le ministère de L'Ecologie a indiqué que le nombre de suicides était passé de 25 en 2006, 20 en 2007, 13 en 2008 à 10 à la fin septembre 2009, tout en reconnaissance une réduction des effectifs en 2007, avec le transfert de 30.000 agents (sur 100.000 au total) aux départements.

 

Pour FO, "selon les informations dont nous disposons, les réorganisations de services en cours, les mobilités (géographiques ou fonctionnelles) imposées (...), l'individualisation à outrance ou encore la pression hiérarchique et le stress ainsi généré constituent des facteurs aggravants"."Les suicides d'agents de l'Etat, ça arrive tous les jours, et les facteurs sont multiples et complexes", souligne M. Pavageau, mais "la nouveauté c'est qu'on constate désormais des suicides sur le lieu de travail ou corrélés par une note ou une lettre laissée (...) mettant en cause les phénomènes de réorganisation".Une porte-parole du ministère de l'Ecologie a précisé qu'il n'y avait "ni plus ni moins" de suicides sur le lieu de travail qu'avant, tout en rappelant qu'un suicide sur le lieu de travail n'était pas forcément lié au travail, et qu'à l'inverse un suicide hors du travail pouvait cependant être en lien."Dans un contexte de réorganisations assez soutenues", elle a reconnu que les représentants du personnel relayaient "davantage qu'auparavant le malaise de certains agents face à un certain nombre de réformes", et faisaient "beaucoup plus le lien entre des gestes extrêmes et ce contexte de réformes".

 

FO a notamment cité l'exemple d'une personne qui s'est suicidée "en mettant en cause une mobilité imposée" de Bordeaux à La Rochelle "du fait d'une réorganisation de l'administration".Un autre agent, intégré dans une Direction régionale de l'équipement, de l'aménagement et du logement (DREAL), issue de la fusion de plusieurs anciennes directions régionales, s'est suicidé "en mettant en cause le management, l'individualisation et la perte de sens liée à la RGPP", a-t-il indiqué.

Le syndicat s'inquiète d'une "deuxième vague de la RGPP", prévue pour décembre, et "réclame un moratoire immédiat" sur les mesures déjà mises en place.

De son côté, le ministère de la Fonction publique a rappelé que "des administrations avaient développé des actions de prévention et d'accompagnement (cellule de soutien psychologique ou de veille) qui intègrent les spécificités de certains métiers (police, administration pénitentiaire, douanes, ministère de l'écologie, etc.)".

Un texte d'accord -entre syndicats, ministère et employeurs publics- sur la santé et la sécurité au travail dans la Fonction publique, est actuellement soumis à signature.

 

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Published by Desmoulins - dans Société
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