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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 20:01

La semaine dernière cette paisible bourgade a connue des heures agitées en marge d'un festival de spectacles de rue.

Près de 250 personnes, selon la police, ont investi samedi le centre de la ville. Se réclamant d'un collectif anti-carcéral, masqués et cagoulés, ils ont brisé une vingtaine de vitrines, des abribus, des cabines téléphoniques, sans faire de blessés.

En comparution immédiate, 3 des 8 interpellés ont été condamnées à de la prison ferme.


Aujourd’hui encore 4 autres manifestants ont été arrêtés à l’issue d’une manifestation de soutien aux 8 interpellés.

Mr Hortefeux s’est vite fendu des mêmes poncifs sécuritaires, la dissolution, la répression et la prison donc.

Cet ultra gauche, en tout cas sa résurgence actuelle intrigue pas mal de monde à commencer par le gouvernement. Il y a-t-il une corrélation entre ce « renouveau » de la violence politique et la présidence de Nicolas Sarkosy ?


Car il y a bien eu une sorte de point d’orgue de cette violence anti-gouvernementale bien qu’elle ait eu peu de retentissement politique, je parle des émeutes en banlieue en 2005.

Il est incroyable de constater l’effet que ces violences ont produits dans les têtes des uns et le cœur des autres. Entre les syndicats et partis politiques peu enclin à la solidarité et les émeutiers non instrumentalisés (malgré ce qu’on a pu lire).  Ces deux « mondes » se sont effleurés sans se parler ou si peu. Le monde des cités et tous les fantasmes qu’elle véhicule et le monde des syndicats et organisations et sa puissance d’organisation et de mobilisation.

 

Ce passage peut sembler obsolète mais au gré des personnes rencontrées pour parfaire cet article, nous avons constaté chez des jeunes militants de cet « ultra gauche » une certaine fascination pour ces évènements, en tout cas une certaine prise de conscience que la violence est un moyen « d’expression » (et leurs « aînés le savent très bien) très efficace.

Sans non plus considérer les mouvements autonomistes façon black blocks comme le modèle, mais idéologiquement le pont est plus simple à prendre que de traverser le périphérique.

 Mais là n’est pas le débat (en tout cas pour le moment), il est important de savoir décrypté cette nébuleuse de l’ultra gauche, ses mécanismes et ses enjeux :

 

L’extrême gauche française « officielle » :

En France, trois organisations liées dépassent le millier de militants : la Ligue communiste révolutionnaire (dissoute dans le Nouveau Parti Anticapitaliste), Lutte ouvrière et le Parti ouvrier indépendant.


 P. est un militant de longue date dans les quartiers, il a vu défiler nombre de syndicats/partis et rare sont ceux qui se sont arrêtés en bas de son immeuble.

 « La plupart des militants sont persuadés que leurs idées et concept sont encore majoritaire dans l'inconscient collectif et de ce fait se perçoivent toujours comme une avant garde visible des luttes sociales ».

 

Pour lui le NPA est une nébuleuse de gens de sensibilité d'extrême gauche avec un bagage militant pour la plupart, il est fort peu probable que ça devienne un parti populaire. Il y a peu de chance pour que ça devienne un parti constitué de militants de quartier. C’est fait pour ceux qui n’ont nulle part ailleurs pour aller militer
La CNT « n'est ni une organisation politique, ni un syndicat c'est un truc entre les deux qui cumule les défauts des deux (pas de ligne politique et pas les moyens syndicaux) » rajoute-t-il.

 

Tout le problème est là pour P. ; le constat que les personnes de gauche n'appartiennent plus aux milieux populaires et que quand elles y appartiennent et militent, elles s’en détachent parce que les milieux militants et décisionnels sont coupés des quartiers.

Autrement dit, se baser sur la classe moyenne "seule capable de manifester" pour émanciper une autre classe s'en l'impliquer parce pour eux: "elle n'en a pas les moyens matériels/intellectuels/culturels". C'est une erreur qui peut être dangereuse et contre productive.


Malgré cela l’Ultra gauche et ses éléments violents gravitant autour restent très actif sur les mêmes combats d’antan, la défense des acquis sociaux, la lutte pour les sans papiers etc.…

L’appel à la réactivité via les réseaux indymédia, la spontanéité et la violence sporadique qu’elle peut impliquer est un outil de groupe de pression comme il en existe partout et pour tout.

Tous ces combats chers au cœur des travailleurs français offre de ponts idéologique et sociologique immense l’extrême gauche en général.

La sympathie n’est pas un bulletin de vote comme dirait l’autre mais y a-t-il une volonté de peser dans des élections dans cette mouvance violente de l’extrême gauche (précisons bien) ? Là est la question. En tout cas fort est de constater (et de conclure) que leur activisme ne finit pas là ou la liberté d’action des syndicats s’arrête. En d'autres termes on les reverra.

 

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Published by Desmoulins - dans Actualités
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