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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 16:16

En ce moment aux USA, et plus précisément à Madison dans le Wisconsin, se déroule un fait tout aussi historique et s’organise une résistance à faire trembler les murs de l’establishment politico financier américain! Depuis deux semaines des dizaines de millier de manifestants défilent et luttent pour leurs droits. Depuis 1981, date à laquelle Ronald Reagan a licencié 11.000 contrôleurs aériens d'un seul geste, il n'y avait pas eu d'attaque aussi frontale contre le syndicalisme aux Etats-Unis.

 

En cause, le projet de loi sur la représentation syndicale initié par le tout nouveau gouverneur du Wisconsin Scott Walker.

Le gouverneur républicain du Wisconsin, fraîchement arrivé à son poste en janvier dernier, a fait adopter un projet de 140 millions de dollars de réductions fiscales pour les entreprises (qui l’ont grandement aidé à être élu) évidemment on appelle ça un renvoi d’ascenseur dans le jargon.

Pour réduire le déficit annoncé, il a instauré un projet de loi permettant à l’Etat d’économiser 300 millions de dollars, mais à quel prix ?

Celui-ci prévoit de geler partiellement le salaire des fonctionnaires, de raboter les pensions de retraite et de couverture sociale et de laisser aux employés le choix de payer ou non des cotisations syndicales. Dans le même temps, Walker, qui a fait de la réduction du déficit budgétaire son cheval de bataille, veut augmenter les cotisations retraites et santé des fonctionnaires de 8% en moyenne.

A cela s’est ajoutée la volonté affirmée par Walker de retirer aux syndicats de fonctionnaires la possibilité de négocier collectivement leurs conditions de travail ainsi que leurs avantages sociaux, modèle pourtant acquis depuis 70 ans.

Le gouverneur de l’Ohio, John Kasich, veut imposer des mesures identiques mais cherche aussi à obtenir la suppression du droit de grève. S'il obtient gain de cause, une infraction sera punie d'une amende de 1.000 dollars et de trente jours de prison.

Depuis deux semaines, des milliers de manifestants se retrouvent donc tous les jours devant le Congrès de Madison, la capitale de l'État. Les syndicats accusent Walker d'être animé plus par des visées politiques que par un amour de la rigueur fiscale. Les pompiers, policiers et gendarmes, qui traditionnellement sont des électeurs de droite, sont comme par hasard exemptés de la mesure.  Ce qui n’empêche pas, beaucoup d’entre eux d’être solidaires des manifestants et même de les rejoindre dans les manifestations et de prendre la parole dans les meetings.

Cette « révolution » fait plus penser à la situation de la Grèce qu’à l’Egypte, des élites incompétentes qui mettent le budget (déjà affaibli) dans le rouge et qui ont le culot de demander au peuple de se serrer la ceinture jusqu’à se couper en deux pour satisfaire les desideratas de l’économie.

On savait déjà le politique (américain mais même français) obséquieux par rapport à l’argent et le pouvoir, on le savait lobbyiste, clientéliste, il s’avère aujourd’hui un parfait corollaire du cynisme et de la stupidité. Comme en atteste ceci.

 

Coup de théâtre

 

Il y a deux semaines, les 14 sénateurs démocrates du Wisconsin sont partis se cacher dans les Etats voisins, avec l’intention d’empêcher un vote à la Chambre haute qui avaliserait définitivement le texte de Walker. La loi du Wisconsin impose en effet un quorum de 20 sénateurs pour un vote, et les républicains ne comptent que 19 élus. Le gouverneur a dépêché la garde nationale pour les retrouver, mais les démocrates refusent pour l’instant de rentrer. Du coup, Walker a lancé un ultimatum et menace désormais de licencier 1 500 fonctionnaires de l’Etat pour réduire les dépenses.

 

En partant en guerre contre les « union shops », les républicains cherchent aussi à assécher les finances des syndicats.Pour les empêcher de fonctionner et de faire des dons car ils sont les principaux bailleurs de fonds du Parti démocrate (notamment dans le Wisconsin). Une campagne contre les syndicats peut grandement affaiblir le parti de Barack Obama à la veille de la présidentielle de 2012. Et ce alors qu'une décision de la Cour suprême des Etats-Unis autorise les entreprises, au titre du premier amendement, à financer sans limite les candidats de leur choix.  Incroyable non ?

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Published by Desmoulins - dans Actualités
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