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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 14:05

Le nombre de classes fermées pour cause de grippe A (NDLM : 315) est le nouveau chiffre à la mode. Ah cette frénésie de rechercher toujours un nombre ou une statistique pour relayer un propos fait toujours mouche. Ca fait force de vente, argument d’autorité et j’en passe, depuis des années la culture du chiffre aux infos s’est fixée presque comme un marronnier.

 

 

Il y a eu le nombre de cas de grippe A, le nombre de décès puis les gens n’avaient pas peur alors on a sortit le nombre de classes (et d’établissements) fermés et là ça à l’air de marcher.

Il est excessivement important de tenir à jour le chiffre quitte à, même s’il n’a pas augmenté pendant quelques heures (voire jours), le marteler comme s’il augmentait. C’est toujours efficace.

 

En début d’année ce qui inquiétait, chiffre à l’appui, c’était les suicides en prison, les infos tenaient un compte macabre et chaque nouveau suicide pendant plusieurs mois faisait presque la Une. Et puis plus rien on est passé aux suicides dans le secteur privé notamment chez l’opérateur de téléphonie mobile France Telecom ou chez Renault. Même processus, on tient un compte qu’on martèle et on imagine certains journalistes en train de scruter le fil rouge afp pour savoir si le chiffre va augmenter ou pas.  Tout ça pour instaurer une certaine panique cela va sans dire.

Loin de moi l’idée de dire que ces informations ne sont pas viables ou qu’elles n’ont pas lieu d’être dans un journal. Je ne veux pas faire montre d’irrespect envers les familles qui ont perdus des proches dans ses situations.

J’essaie juste de démontrer que les infos passent d’un chiffre à un autre se désintéressant bien souvent des causes et conséquences car un chiffre c’est spectaculaire, c’est de l’immédiat, de l’instantané même pas besoin d’images en plus.

 

Une autre règle renforce la teneur du chiffre c’est la fameuse loi de proximité, 1 mort près de chez vous fait plus parler ou réfléchir que 200 000 en Asie du Sud Est, bien que le tsunami de 2005 ait fait parler de lui car des français ont fait partie des 200 000 victimes.

Soyons clair, le souci vient surtout du fait que ces chiffres ne sont là que pour illustrer une situation ou un contexte et en cela il ne sont pas superflus mais quand on prend ces chiffres pour opérer un décompte de victimes sans plus d’explications, sans cas par cas, on s’expose à la superficialité de son propos.

 

Il y a quelques années le chiffre « à la mode » c’était le nombre de suicides dans la police nationale et chez les gendarmes (cf article dans l’indifférence générale). Chaque jour, on en parlait, on exposait un chiffre et hop en 1 min c’était fini (quand ce n’était pas en 10 secondes). Aujourd’hui les suicides dans la fonction publique ça fait plus recette (mais ça reviendra peut être) mais ça existe toujours évidemment. Alors il serait paradoxal de dire que c’est injuste qu’on en parle plus et de mettre tous ces chiffres macabres en concurrence. Ca montre juste une idée fausse, comme si tout cela était cyclique comme les vendanges.

 

L’utilisation de ce genre de décompte est réductrice et on en utilise pour toutes sorte de choses, révélateur à lui seul d’un fait, péremptoire et indéniable  soit disant indémontable quand les arguments et/ou la rhétorique ne suffisent plus.

 

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Published by Desmoulins - dans Actualités
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