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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 15:56

A l’occasion de la dernière visite il y a un mois à Moscou de François Fillon le faux-vrai premier ministre à Vladimir Poutine le vrai-faux président Russe reconverti en VRP du Gaz national, le sujet sur un futur partenariat entre EDF et Gazprom avaient été abordés.

Aujourd’hui on est proche d’un accord entre les deux géants énergétiques selon un communiqué des Russes.


Cet accord consisterait tout d’abord à une prise de participation d’EDF (de l’ordre de 10%) au projet de gazoduc South Stream visant à relier la Russie à l’Europe, aux côtés de l’énergéticien italien ENI. Selon le projet initial, le gazoduc doit passer sous la mer Noire, en reliant la Russie à la Bulgarie, où il se divisera en une branche nord-ouest vers l’Autriche et une branche sud, notamment vers la Grèce et l’Italie.

Les deux groupes dans leurs communiqués respectifs se font fort de rappeler l’importance du projet pour « une diversification des voies de transport gazier vers l’Europe et un renforcement de la sécurité énergétique du continent ».

Le trajet du gazoduc ne laisse rien au hasard, il évite soigneusement l’Ukraine avec qui la Russie entretient de difficiles relations justement sur la question énergétique.

Ce projet de gazoduc est en concurrence avec le projet européen Nabucco de 3.300 km contournant la Russie, l’Union européenne souhaitant se défaire de sa dépendance vis-à-vis du gaz russe.

 

Les relations entre l’Union européenne et la Russie se trouvaient déjà à un carrefour avant la crise. Les échanges économiques ne cessaient de s’intensifier et la nécessité d’un dialogue approfondi face aux crises internationales apparaissait chaque jour plus évidente.

Les exportations vers les pays de l'UE avaient bondi de 23,2 milliards de dollars en 1998 à 104 milliards en 2004.

Le marché Russe devenant de plus en plus attractif pour les sociétés européennes, celle-ci y réalisait de gros investissements. Cette augmentation rapide est aussi due à une stagnation des échanges entre la Russie et les Etats-Unis.

Les relations énergétiques entre la Russie et l'Union européenne sont devenues un sujet de préoccupation. En 2005, la Russie fournissait environ 50 % du gaz naturel et plus de 30 % du pétrole importés par l’UE.

 

Dépendance au gaz Russe

Or si le projet de gazoduc Nabucco a été lancé par l’Union Européenne c’est justement pour essayer de se dépêtrer de sa dépendance au gaz Russe qui avait augmenté avec la guerre en Georgie à l’été 2008 puis avec le conflit russo-ukrainien qui conduisit à des ruptures d’approvisionnement l’hiver suivant.

Georgie d’où devrait partir la production de gaz pour le projet Nabucco (et passant par la mer Caspienne et l’Europe du sud jusqu’en Italie) si celui-ci est maintenu.

 

Le but avoué du premier ministre Russe est justement de montrer que le projet des européens ne sert à rien.

Mais l’UE s’inquiète pour deux choses :

-D’abord la baisse progressive et inévitable de la production de gaz en Russie, après avoir stagné depuis cinq ans. Les nouveaux champs prometteurs de Sibérie sont hors d'atteinte pour la technologie russe, un appel aux compagnies occidentales a même été lancé il y a quelques semaines par Vladimir Poutine. Et c’est sans compter sur l’émergence d’un marché libre du gaz qui commence à concurrencer le système moscovite de contrats à long terme indexés sur ceux du pétrole.

-la deuxième chose concerne les relations énergétiques entre la Russie et la Chine, Vladimir Poutine était à Pékin la semaine dernière afin de régler un différend commercial sur le prix et l’origine du gaz. Les besoins des Chinois en matière d’énergie sont dantesques et certains craignent que les Russes aient promis le même gaz aux Européens et aux Chinois.

 

L'Europe qui aiguise les appétits de M. Poutine, qui défend un autre projet de gazoduc : Nord Stream, lancé en coopération avec les Allemands, destiné à acheminer le gaz via la Baltique. Et où GDF Suez, le grand rival d'EDF, souhaiterait participer.

 

En info de dernière minute le nouveau chef de la diplomatie ukrainienne Piotr Porochenko qui sera en visite le 23 octobre à Moscou, a déclaré vouloir rétablir le dialogue avec la Russie.

Rappelons que le 23 mars dernier, l'Ukraine et l'UE avaient signé une déclaration à l'issue de la conférence de Bruxelles sur la modernisation des réseaux ukrainiens de transport de gaz. La délégation russe, évincée de facto de la discussion, avait quitté la conférence.

Cette rencontre annihilera t elle le projet de gazoduc South Stream ?

 

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Published by Desmoulins - dans Géopolitique
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