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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 11:12

A l’instar de l’Afrique du Sud toujours empêtré dans sa violence huit mois avant le début de la coupe du monde de football. Le Brésil et particulièrement Rio font face depuis des années à la violence endémique dans ses favelas (ainsi que dans ses prisons). Le WE à une nouvelle fois été agité avec règlements de comptes entres bidonvilles, rajouté aux tirs de la police, deux semaines après avoir obtenu les Jeux Olympiques, Rio fait les choux gras de la presse surtout américaine.



Cette guerre là et elle vient des morros, ces collines peuplées de favelas caractéristiques du paysage de Rio de Janeiro, des habitants du quartier de Vila Isabel, un quartier de petite classe moyenne dans la zone nord de Rio de Janeiro, réveillés par un crépitement de balles, à 2 h 30 du matin dans la nuit de vendredi à samedi.

Le gang du Morro de Sao Joao lance l'attaque contre la favela du Morro dos Macacos pour prendre le pouvoir. Un cycle naturel et même une habitude d’être pris entre deux ou trois feux pour les habitants si tant est que l’ont peut s’habituer à quitter sa maison pour ne pas se prendre une balle perdue.

 

Mais en fait le fond du problème et du « pourquoi on en parle ? » c’est évidemment pour l’organisation des Jeux. Les américains vexés font la Une avec les évènements au Brésil, tout contents d’essayer de prouver le mauvais choix du CIO, faut il leur rappeler le cv de la ville de Chicago en matière de crime ?

Eduardo Paes, le maire de Rio  estime que la ville pourrait être pacifiée pour les JO de 2016. Il a même déclaré hier à Londres lors d’un sommet sur le sport : « Nous n'avons jamais caché nos problèmes durant le processus de candidature, nous avons toujours dit qu'il y a des problèmes et que nous ferons face »

La menace sur les Jeux semble en tout cas minimisé du côté des officiels du CIO.

Craig Reedie, un membre du comité exécutif, a souligné que la violence des gangs ne doit pas être montée en épingle.

 

Pour l’heure, un semblant de calme est revenu dans les zones du nord de Rio. La bataille a provoqué la mort de douze personnes (dont deux policiers), les autres sont présentées par les autorités comme des trafiquants de drogue.

 

Installer la police dans les favelas

 

Une cellule de crise a aussitôt été montée pour éviter que ce type d'attaque ne se répète dans d'autres favelas. Quelque 4 000 policiers supplémentaires viennent d'être mobilisés, avec le rappel de tous ceux qui étaient en vacances.

Cette nouvelle politique consiste à installer de façon permanente des unités de la police au cœur des favelas, qui, auparavant, se retiraient après les combats contre les narcotrafiquants. L'expérience est un succès dans les cinq favelas investies auparavant.

Les autorités estiment que cette stratégie réduit le champ d'action des trafiquants et les pousse à prendre d'assaut d'autres territoires, comme cela s'est passé ce week-end.

 

Est-ce une solution ou bien un des nœuds du problème ? La police de Rio n’a pas ce qu’on peut dire bonne presse au propre comme au figuré, la BOPE notamment déjà épinglée dans des reportages et même dans un film à grand succès au Brésil il y a quelques années pour sa violence extrême (pléonasme) envers les narcotrafiquants. La « police » dans les favelas c’est aussi les escadrons de la mort dans les années 80 et début 90. Ces escadrons étaient grassement payés par les associations de commerçants. En faisaient partie notamment des membres, actifs et retraités, de la police militaire brésilienne.

Au Brésil, la sécurité dépendant des pouvoirs locaux et non du gouvernement fédéral. Le gouverneur de Rio, Sergio Cabral, a pour l'instant refusé l’envoi de renforts policiers, candidat à sa propre succession il pense peut être qu’un bon discours clientéliste lui octroiera moins le courroux des habitants.



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Published by Desmoulins - dans Actualités
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