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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 12:23

Quelques semaines avant les émeutes, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkosy, essuyait quelques couacs dont il n’a pas eu trop à se justifier. Les émeutes sont arrivées, étouffant les affaires malencontreuses comme celle dépeintes dans cet article.

 

 

En octobre 2005, la Justice allait poursuivre quatre agents de police parisiens soupçonnés d'avoir alimenté un trafic de drogue dans leur unité en détournant de la marchandise saisie sur des revendeurs.
Ces quatre hommes de l'Unité mobile d'intervention et de protection (UMIP*) étaient soupçonnés d'avoir dépouillé des "dealers" à leur profit personnel, avant de les laisser libres.
L’enquête a été menée, sur commission rogatoire d’un juge parisien, par l’Inspection générale des services (IGS -"police des polices"). Elle a débuté par une "dénonciation" dans les rangs policiers et une enquête administrative, sur décision de la préfecture de police de Paris, avait été engagée dans un premier temps. Les "soupçons" de trafic de cannabis se confirmant, la Justice avait pris le relais de l’administratif et un juge d’instruction avait été nommé. Il s’agissait de "petits trafics et marchandages" avec de présumés dealers de drogue, en marge des interpellations effectuées par des policiers de l’unité mobile d’intervention et de protection

« Les quatre hommes devaient être convoqués ultérieurement devant un juge d'instruction pour être mis en examen.
Les deux principaux responsables présumés du trafic au sein de l'UMIP, un policier de cette unité et un ancien policier, ont été présentés à ce même juge en vue de leur mise en examen pour "trafic de stupéfiants".
Ce trafic impliquerait une quinzaine d'agents au total. Les policiers soupçonnés d'avoir été de simples consommateurs de drogue ont aussi été convoqués chez le juge.
Pour la consommation de drogue, l'usage du parquet de Paris est d'utiliser des alternatives aux poursuites pénales comme l'obligation de soins ou "injonction thérapeutique.»

Puis il y a eu les émeutes et la suite de cette affaire n’a jamais été traitée, elle a dû très certainement suivre son cours au tribunal mais sans aucuns échos de la presse donc sans aucune couverture médiatique. Aucunes traces en tout cas de jugements rendus ou de peines prononcées mais on ne peut pas douté qu’un jugement ait été rendu.  Tout vient à point pour qui sait attendre !

 

Le plu cynique dans tout ça c’est que quelques semaines après, Nicolas Sarkosy avait relancé l’idée de changer la loi du 31 décembre 1970 sur l’usage de stupéfiants pour mieux réprimer la consommation et le trafic de drogue.

Il avait déjà tenté de modifier ce texte, lors de son premier passage Place Beauvau, le premier ministre d’alors, Jean-Pierre Raffarin, ayant même promis une nouvelle loi. Mais la réforme a été abandonnée. M. Sarkozy entendait remplacer les peines de prison, rarement prononcées pour les usagers, par des contraventions systématiques de 5e classe (jusqu’à 1 500 euros), qui apparaissent au casier judiciaire.

Ce projet visait avant tout à réprimer la consommation "massive" de cannabis, selon le ministère de l’intérieur. "Le trafic de stupéfiants est souvent à la base de la délinquance (dans les banlieues)", indiquait-t-on à l’époque. Le voeu du ministre était d’adopter des dispositions qui permettent de mettre les consommateurs "à disposition de la police judiciaire" pendant "quelques heures" afin de remonter les filières.

Ironique non ?!

 



* L'UMIP a été créée en novembre 2002 par Nicolas Sarkozy, pour assurer la surveillance des bâtiments officiels sensibles. Elle n'a aucune compétence en matière de trafic de stupéfiants. Le cabinet du ministre de l'Intérieur n'avait pas souhaité faire de commentaires à l’époque.

 

 

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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 08:15

Si la presse généraliste a vu ses ventes reculer de 0,5% en 2004, on ne peut pas en dire autant de la presse people qui, elle, a progressé 4,1% et revendique quelque 12 millions de lecteurs hebdomadaires. Ainsi, l'an passé, 3 millions de magazines et féminins people ont été vendus chaque semaine. Une manne vite exploitée par l'éditeur Emap France et son magazine people Closer, lancé le 13 juin 2005 sur un marché déjà bien exploité avec ses 115 millions d'exemplaires de magazines vendus chaque année, Closer a affiché, des chiffres de vente largement supérieurs aux prévisions, avec un N°2 vendu à 580.000 exemplaires. Closer a de plus élargit le marché: 29% de ses lecteurs n'avaient jamais ouvert ce type de magazine avant son arrivée en kiosques.


C'est en été que la presse people bondit de 20 à 30%. Une période de l'année où la concurrence a fait rage en 2005: Closer a annoncé un 7e numéro (1-7 août) à plus de 640.000 exemplaires et Voici (Prisma Presse) a répliqué, rappelant son leadership, avec 498.859 exemplaires en moyenne et "plus de 700.000 exemplaires" sur juillet-août . Ce qui équivaut à une performance de plus 13% par rapport à l'été 2004. Quant à Gala, il n'est pas resté à la traîne avec ses 520.000 exemplaires pour le numéro avec les Sarkozy en couverture. Bien souvent jugée, comme indigne d'être lue, la presse people est avant tout une des catégories de presse les plus vendues en France. "Cest une presse qui possède un taux de circulation élevé" analyse le sémiologue François Joste.

 

Le contenu et la cible

 

La dénomination presse people regroupe 7 titres: Point de vue, France Dimanche, Voici, Gala, Closer, Ici Paris et Public. Cette catégorie est souvent considérée comme une sous partie de la presse féminine et ce car le contenu et la cible visée y sont semblables. En effet le magazines spécialisés dans la vie privée des personnalités sont en majorité lus par des femmes: ils présentent des thèmes et des rubriques féminines comme la beauté, la mode etc. Gala et Voici sont aussi parfois classer dans une sous catégorie paparazzi car "surfant sur la déferlente télévisuelle et l'essor de la communication de l'intimité nous explique Bruno Dormecq le rédacteur en chef de Voici.

Depuis les années 50, la succession et l'emploi des différentes expressions se sont établis en fonction de l'évolution de la presse people. L'évolution de son contenu s'est constituée en fonction de la concurrence économique et du changement des goûts des lecteurs.

 

Un marché en concurrence perpétuelle


La presse people a connu plusieurs vagues de nouveaux titres les plus récents Public (2004) et Closer (2005) ont connu le succès, ce qui n’a pas été le cas de leur deux prédécesseurs Allo! et   Ho là ! (1998) ont été des échecs cuisants malgré cela les Editions Bauer récidive avec  In touch le dernier venu. Après une crise durant les années 80, le groupe Prisma Presse relance le marché en créant deux titres Voici et Gala (tirage à 500 000 exemplaires) faisant désormais concurrence aux deux mastodontes qu’était Ici Paris et France Dimanche. Durant les années 60, ces deux titres se sont fait une grosse concurrence. Ils avaient tout deux changés de formule en 1956 afin de traiter l’actualité des vedettes, les ventes explosent, 2 000 000 d’exemplaires pour France Dimanche et 700 000 pour Ici Paris jusqu’à un essoufflement au milieu des années 70 et un creux entre 75 et 92. Cette concurrence économique et financière a engendré des titres d’articles de plus en plus sensationnels et l’utilisation par les spécialistes de la presse d’expression de plus en plus connotées négativement.


Presse à scandales, presse à sensation, presse d’évasion

 

La presse people est donc selon la définition de Mr François Jost « une presse d’assez médiocre qualité technique et rédactionnelle qui distille du rêve à destination d’un public populaire qu’il s’agit de faire s’évader des soucis quotidiens ». Pour Mr Bruno Dormecq  l’expression presse people « représente la presse sur les gens et lue par le grand public », d’une presse populaire on est passé à une presse people, un anglicisme plus branché dira-t-on.

Dans leur livre « presse radio et télévision en France de 1631 à nos jours » Elisabeth Cazenave et Caroline Ulmann-Mauriat qualifie France Dimanche et Ici Paris de journaux à sensations, une expression évoquant les émotions et les effets produits sur le lecteur. On observe bien ici l’évolution du terme qui n’est pas encore à connotation négative. Dans un autre livre « Histoire générale de la presse » datant de 1976 son auteur C. Bellanger classait ces deux mêmes titres comme représentants de la presse d’évasion revoyant à « la passion, l’émotion, les conflits humains, les mots chocs saisissent la gorge ou déclanchent un frisson ». On est donc dans la notion du rêve et l’importance des vedettes dans cette presse.

La presse people qui s’était développée au lendemain de la seconde guerre mondiale sous l’impulsion de Raymond Aron, philosophe et fondateur de Point de vue, de Pierre Lazareff  qui lance France Dimanche en complément du journal France Soir ainsi que de Henri de Monfort créateur de Ici Paris.

 

 

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