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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 16:18

Le physicien nucléaire iranien Massoud Ali Mohammadi, tué la semaine dernière dans un attentat, a été assassiné selon "une méthode sioniste", a déclaré, jeudi 14 janvier, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, cité par l'agence Mehr, lors d'un déplacement au Khouzistan (sud du pays).
La veille de cette déclarationi, le président du parlement Ali Larijani avait déclaré que les services de renseignement américains (CIA) et israéliens (Mossad) étaient derrière cet attentat, en persistant donc dans ses accusations contre les Etats-Unis et Israël.
"Nous avions reçu au cours des derniers jours des informations très claires selon lesquelles les services de renseignement du régime sioniste, avec l'aide de la CIA, cherchaient à perpétrer des actions terroristes à Téhéran", avait déclaré Ali Larijani en parlant de l'attentat contre Massoud Ali Mohammadi.


 Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères lui avait accusé "le régime sioniste et les Etats-Unis" d'être liés à l'attentat à la moto-piégée. "Les premiers éléments de l'enquête montrent des signes de l'action maléfique du triangle Etats-Unis, régime sioniste et leurs mercenaires dans cet attentat terroriste", avait déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast cité par le site internet de la télévision d'Etat iranienne. "Ces actions terroristes et l'élimination de savants nucléaires du pays n'empêcheront certainement pas le programme nucléaire de l'Iran mais vont l'accélérer bien au contraire", avait-t-il ajouté.
Plus tôt déjà, la télévision d'Etat avait déclaré que "des agents sionistes et américains avaient placé cette bombe qui a explosé près de la maison" du scientifique nucléaire.

 

Il y a donc toujours cette envie de la part des hautes autorités iraniennes d’alimenter la paranoïa au sein de leur population ou bien de détourner l’attention internationale. Pour la parano rien de plus simple de l’instiller au sein de ce pays chiite à 89% entourés de voisins sunnites en grande majorité et où les violences visant les populations chiites locales sont monnaie courante. La volonté de posséder l’arme nucléaire provient d’ailleurs en grand partie de cette peur (plus des autres pays arabes que des israéliens et américains).

Press TV a décrit Massoud Mohammadi comme un "fervent partisan" de la Révolution islamique de 1979 qui a renversé le Shah. L'université de Téhéran a été l'un des campus où les étudiants ont mené des manifestations antigouvernementales le mois dernier pour protester contre la réélection contestée du président extrémiste Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin dernier.
Cité par l'agence Isna, le procureur général de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi, a indiqué que Massoud Mohammadi était un "professeur (spécialisé) dans le domaine de l'énergie nucléaire". "Son corps a été transféré à la médecine légale et une enquête a été ouverte pour identifier les responsables de l'explosion et les motifs", a-t-il ajouté.

Selon un communiqué du bassidj (milice islamique) de l'université de Téhéran, (cité par l'agence Irna), Massoud Ali Mohammadi, figurait sur une liste de personnes visées par des sanctions internationales. "Ce scientifique nucléaire a rendu des services importants dans le progrès nucléaire du pays et la formation des étudiants", ajoute le même communiqué.
Le texte ne précise pas sur quelle liste aurait figuré Massoud Ali Mohammadi.
Il existe plusieurs listes de personnes, impliquées dans les programmes nucléaire et balistique de l'Iran, faisant l'objet de sanctions internationales.
Outre la liste des Nations unies, les Etats-Unis, l'Union européenne et certains pays de l'UE ont leurs propres listes de personnes soumises à des sanctions ou à une surveillance.
Un communiqué de l'organisation nationale du bassidj, publié par le site internet de la télévision d'Etat, a présenté de son côté Massoud Mohammadi comme un "professeur bassidji", soulignant qu'il enseignait également à l'université Imam Hossein du Corps des Gardiens de la Révolution.
A Paris, le groupe d'opposition des Moudjahidine du peuple a nié toute implication dans cet attentat.
Pour leur part, plusieurs sites d'opposition ont affirmé que le scientifique avait, lors de la présidentielle de juin, signé une pétition d'universitaires en faveur de Mir Hossein Moussavi, rival malheureux du président Mahmoud Ahmadinejad dont il est devenu le principal opposant.
Mais le président de la Faculté de Physique de l'université de Téhéran, Ali Moghari, a affirmé que Mohammadi n'avait "aucune activité politique".
L'attentat est intervenu dans un contexte politique très tendu en Iran où le pouvoir a durement réprimé ces derniers mois l'opposition interne au régime, accusée de faire le jeu des "ennemis" de l'Iran.

De son côté, Washington a réagi aux accusations de Téhéran. "Les accusations d'implication des Etats-Unis sont absurdes", a affirmé Mark Toner, un porte-parole de la diplomatie américaine, repris ensuite mot pour mot par le porte-parole adjoint de la Maison Blanche, Bill Burton. "Ces accusations sont absurdes. J'ai vu ce que le département d'Etat a indiqué aujourd'hui et c'est tout à fait cela", a affirmé Bill Burton à bord de l'avion transportant le président Barack Obama dans le Delaware (est du pays) où il est allé assister aux obsèques de la mère du vice-président Joe Biden.
Interrogé sur les responsabilités de cet attentat, Bill Burton a affirmé qu'il ne voulait pas "préjuger de ce qui s'est passé", rappelant simplement que le président Obama avait dit "soutenir ceux qui se battent pour leurs droits en Iran et dans le monde entier".

 

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28 décembre 2009 1 28 /12 /décembre /2009 13:49

La Thaïlande fait finalement montre de sa souveraineté (en se moquant des accords passés avec l'ONU et les USA) en privilégiant ses relations avec le Laos, au détriment de l'ethnie Hmong. Bangkok a en effet commencé lundi matin, l'expulsion de plusieurs milliers de demandeurs d'asile Hmong vers le Laos, alors que plusieurs pays ont exprimé leur inquiétude qu'ils y soient persécutés. Quelque 5000 militaires armés de matraques et de boucliers anti-émeute se sont déployés avant l'aube dans le camp de réfugiés de Huay Nam Khao, dans le Nord-est du pays, afin d'en évacuer les 4400 Hmong.



L'histoire récente de cette ethnie est complexe et directement liée à l'intervention américaine dans la région dans les années 70. Forcés de choisir leur camp, les Hmong s'étaient alliés aux Etats-Unis durant la guerre du Vietnam. A la fin des combats, en 1975, nombre d'entre eux ont fui le Laos et le pouvoir communiste en place. Depuis, ils ont trouvé refuge en Thaïlande, affirmant être soumis à de mauvais traitements de la part du gouvernement communiste laotien. Mais Bangkok les considère comme "des immigrés économiques" ne pouvant donc pas prétendre au statut de "réfugiés".


Les Etats-Unis et l'ONU ont fait part de leur inquiétude quant à ces expulsions sans précédent. Washington a demandé dimanche à la Thaïlande d'annuler l'opération. "Nous regrettons profondément cette grave violation des principes humanitaires internationaux dont la Thaïlande s'était longtemps fait le champion", a déclaré le département d'Etat américain. La diplomatie américaine a également appelé dimanche le Laos à "traiter les Hmong renvoyés contre leur gré de façon humaine, à autoriser l'accès d'inspecteurs internationaux, et à faciliter le relogement des expulsés".

Le Premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva s'est défendu lundi, assurant que les expulsions se dérouleraient dans le respect des droits de l'Homme. Une déclaration qui laisse sceptique l'ONG Human Rights Watch, inquiète de voir l'opération d'expulsion dégénérer. "Il y a toujours de la résistance, même dans les opérations de petite ampleur. S'ils résistent dans une grande opération comme celle-là, l'armée pourrait réagir vivement", a prévenu Sunai Pasuk, représentant de l'ONG en Thaïlande. Les réseaux de téléphonie mobile ont été brouillés autour du camp afin d'empêcher les représentants Hmong d'appeler à l'aide, a-t-il révélé à l'agence de presse Reuters. Plus généralement, les médias sont tenus à l'écart de tout Hmong depuis deux ans.

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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 15:27

On en reparle dans les médias la résurgence du « Sentier Lumineux ». Une organisation qui a pris forme en 1970 et ce après une scission dans le parti communiste péruvien. A l’instar d’autres organisations paramilitaires marxistes/maoïstes sud américaine (comme les FARC), elle en possède le même mode de fonctionnement et d’auto-financement. La guérilla opposant les militaires péruviens au Sentier Lumineux a fait plus de 69 000 victimes entre 1980 et 2000.

L’arrestation en 1992 de leur leader/fondateur (et presque gourou) Abimael Guzmán a mis un coup d’arrêt à son expansion. Mais la bête ne faisait que sommeiller.

 

 

Le 10 octobre 2008, des rebelles du Sentier Lumineux tendent une embuscade à une colonne de camions militaires qui circulaient dans la province de Huancavelica faisant 14 morts, dont 12 soldats, et 17 blessés. Le gouvernement péruvien évalua le coût économique des activités terroristes du Sentier Lumineux à plus de 16 milliards de dollars, l'équivalent de la dette extérieure du pays, dont le service absorbait un tiers des devises provenant des exportations (pêche, cuivre, zinc, argent, notamment).

"De juillet 2003 à février 2009 on attribue au S.L. 21 embuscades ayant coûté la vie à 23 policiers, 35 militaires et à une dizaine de civils dont des agent de l’Enaco, l’agence d’Etat contrôlant la vente légale de la feuille de coca. Parmi les attaques les plus notables, citons : - Novembre 2007 : le 1er, le commissariat d’Ocabamba (région d’Ayacucho) fut attaqué par 30 hommes armés de fusils d’assaut et de grenades de 40m/m ; sans doute en réaction à une saisie importante de cocaïne effectuée 2 jours auparavant. Le 16, 4 policiers furent tués dans une embuscade tendue près de Huancavelica, en représailles à la saisie de 3 tonnes de précurseurs. 24 mars 2008, dans le département d’Ayacucho, tombait la première femme policière victime des terroristes senderistes, ainsi que 3 de ses compagnons. " *1

 

Le Sentier Lumineux : (dont le nom complet est P.C.P.-S.L. Partido Comunista del Peru Sendero Luminoso) a été fondé par Abimael Guzman Reynoso qui était professeur de philosophie à l'université d'Ayacucho. Il prit, en 1980, la tête de l'insurrection sous le nom de camarade Gonzalo. Il s'agit au départ d'une dissidence du Parti communiste péruvien.

Le mouvement a lancé sa « guerre populaire prolongée » par un acte symbolique en mai 1980 : à deux jours des élections générales, un commando brûla les urnes électorales de Chuschi, village isolé du département d'Ayacucho.Au sortir de 12 années de régime militaire, la misère au Pérou paraissait sans remède, le chaos régnait. Au tout début, les sentiéristes, très organisés, avaient été bien reçus par la population, à laquelle ils ont distribué des terres.

 

Puis la situation se dégrade, les réelles intentions du Sentier Lumineux sont « mises à jours », les prises d’otages, leur violence extrême, les trafics etc.… et les paysans commenceront à rejeter l’organisation en mettant en place de milices d’autodéfense (dont certaines sont encore actives aujourd’hui). Certains en paieront le prix fort notamment le 28 janvier 1989, où 240 paysans de la province d'Ayacucho seront massacrés.

En 1992, l'armée péruvienne réussit la capture d'Abimael Guzmán, alias camarade Gonzalo, le chef historique de l'organisation et le montrera à la presse détenu dans une cage.

Cette arrestation entraîne rapidement une nette diminution des actions du Sentier Lumineux.

 

En l'absence de son chef historique, le SL est conduit par Oscar Ramirez Durand (" Camarade Feliciano ") et Judith Ramos Cuadro (" Camarade Rita "). Avec Durand, le SL semble avoir accru son niveau de violence.

 

 

Cela nous ferait presque oublier qu’une autre guérilla existe au Perou.

 

Le Movimiento Revolucionario Tupac Amaru (MRTA) est une organisation révolutionnaire, apparu au Pérou en 1984, à l'époque du gouvernement du président Fernando Belaúnde Terry. Initialement marxiste léniniste, elle fut inspirée par les guérillas progressistes d'autres pays de la région.

Tupac Amaru a regroupé près d'un millier de militants, et en janvier 1989, la police péruvienne arrête Victor Polay, alias Commandante Rolando, dirigeant du Mouvement. Maintenant, cette organisation est presque démantelée au niveau militaire, mais subsiste encore.

Son nom de Túpac Amaru est le surnom qui avait été donné au dernier inca quéchua, leader métis qui s'était soulevé contre les colons espagnols à la fin du XVIe siècle. Les adeptes de ce mouvement sont les MRTistes ou MRTistas.

Son action la plus médiatique fut la prise d'otages de l'ambassade du Japon à Lima, le 17 décembre 1996, lancée par Nestor Cerpa Cartolini, leader du MRTA depuis 1992. Lors de cette opération, plus de 500 otages furent séquestrés durant de longues semaines (il en restait encore 74 le 24 janvier 1997 et 72 le 1er mars 1997). Son but était de faire libérer 400 camarades révolutionnaires emprisonnés et d'appeler à un changement de la politique néo-libérale du président Alberto Fujimori. La prise d'otages s'est terminée le 22 avril 1997, avec l'assaut final donné contre l'ambassade dans lequel tous les membres du commando du MRTA ont trouvé la mort.

Les conditions dans lesquelles s'est déroulé cet assaut ont soulevé une polémique, certains otages ayant par la suite affirmé avoir vu des MRTistes lever les bras au ciel pour se rendre, alors qu'aucun d'eux ne fut épargné à son issue.

 

 

 *1 (Source : Site du Département de Recherche sur les Menaces Criminelles Contemporaines ; Serge LETEUR)

 

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 14:20

Si le titre est vague c’est exprès, le sujet à traiterpeut en paraître tout autant. En effet entre les pays importateurs et les pays exportateurs en Afrique, le pétrole fait obstacle au développement économique pour les uns et les autres sont victimes des prix d’exportation qui pèsent sur les dépenses publiques.

Selon le professeur Jean-Marie Chevalier (*) l’argent du pétrole est partout au centre des inégalités sociales et met en évidence les déficits de gouvernance.

 

Une nouvelle toute fraîche sortie dans différents organes de presse hier, Total a annoncé ce vendredi avoir fait une découverte de pétrole. Le groupe français vient de lancer un forage dans les eaux profondes de l’océan Atlantique au large de l’Angola.

Total a précisé que ce puits produit en test 4.000 barils de pétrole par jour. Il a déjà déclaré, en septembre, qu’il investirait 4 milliards de dollars pour 2009 dans ce pays. Le groupe a produit 205.000 barils d’équivalent pétrole par jours en 2008.

L’Angola est le premier producteur de pétrole en Afrique et le pays lusophone est aussi en 2006, le premier fournisseur de la Chine avec 456 000 barils par jour.

 

Entre 1990 et 2004, la production du continent africain a augmenté de 40% passant de 7 à 10 millions de barils/jours et elle devrait encore augmenter jusqu’à 50% en 2010.

L'Afrique, avec environ 9,5 % des réserves pétrolières mondiales connues, se place en troisième position derrière le Moyen-Orient (61 %) et l'Amérique du Nord (11,6 %). La Libye est le pays le plus riche, avec 35 % des réserves du continent, suivi par le Nigeria (31 %), l'Algérie (10 %) et l'Angola (8 %). Au total, elle est le deuxième fournisseur de la Chine (27 % de ses achats en 2007), derrière le Moyen-Orient (39 %). La Chine qui représente elle-même le deuxième débouché de l'Afrique (19 %) derrière les États-Unis (37 %).

 

La géopolitique et l’économie des pays de pétrole sont très directement associées à l’argent du pétrole que se partagent tous les acteurs économiques, politiques, administratifs qui participent à l’exploitation des richesses du sous-sol. La dynamique du partage de la rente est fondée sur trois éléments majeurs : l’importance de la rente et son évolution – L’utilisation de la rente en relation avec le développement économique et le modèle de gouvernance en place.

 

Les pays africains exportateurs de pétrole n’échappent pas à la malédiction pétrolière selon Jean-Marie Chevalier, cette maladie économique connue sous le nom de « mal hollandais », puisque la première victime a été la Hollande dans le années 60 avec les exportations de gaz issu du gigantesque champ de Groningue.

Les recettes d’exportation et les richesses associées provoquent des distorsions économiques et condamne les pays « incriminés » à la monoproduction d’exportation.

Dans les pays africains les exportations pétrolières représentent 90% de la valeur totale des exportations. Aucune autre activité n’a pu se développer de façon significative.

Une partie des recettes fiscales est utilisée dans des dépenses improductives, le gonflement d’une administration pléthorique et des subventions qui ne donnent pas toujours les bons signes économiques.

Des tarifs sociaux sont péniblement mis en place afin de permettre d’acheter une relative paix sociale.

 

En 2004, par exemple Le Nigeria est le 7e producteur mondial pour 2 millions de barils produits chaque jour, les revenus du pétrole représentent 65% du budget de l’Etat mais seulement 5% sont reversés aux régions productrices.

Dès lors les actes de vandalisme se multiplient dans les régions concernées (le delta du Niger, au sud du pays) et les enlèvements ou meurtres de ressortissants étrangers travaillant pour les compagnies pétrolières sont monnaie courante. (http://www.monde-diplomatique.fr/2006/04/SERVANT/13334). Des mouvement indépendantistes ou juste appâtés par le gain.  Ce n’est pas un cas isolé de « défense de ressources africaines » par des milices armées afin de financer des guerres civiles.

 

Aujourd’hui ce pays exporte 40% de sa production brut vers les USA, la Chine n’est pas en reste, , le Président chinois, Hu Jintao, s'est rendu au Nigeria où déjà 2,3 milliards de dollars ont été investis dans un champ pétrolier offshore.

Mais chose inattendue c'est une fin de non-recevoir sans précédent que vient d'essuyer la Chine selon « le Figaro ».

Le gouvernement nigérian fait jouer l’offre et la demande, profitant du bras de fer qui les oppose aux grandes compagnies étrangères implantées depuis près d'un demi-siècle dans le pays, Shell, Chevron, Total, ExxonMobil, le gouvernement a refusé fin septembre la proposition chinoise d'acheter 6 milliards de barils de pétrole. Un contrat évalué à quelque 20 milliards d'euros. «Je peux vous dire que nous n'allons pas leur donner tout ça», a simplement déclaré Odein Ajumogobia, vice-ministre du pétrole du Nigeria.

 

«L'argent investit ne profite pas aux économies domestiques», dénonce au Fiagro Tsidiso Disenyana, un chercheur sud-africain, qui réclame plus de transferts de technologie et de formation pour les employés locaux. Et le SAIIA d'accuser les Chinois de «manque de transparence» et de souvent «violer les règlements des pays hôtes en matière de ­travail et d'environnement». La réaction du Nigeria pourrait donc faire tache d'huile. «Il faut des stratégies qui permettent de briser le cycle de la pauvreté en Afrique», souligne le rapport sud-africain qui ajoute que la nature même des prêts chinois «peuvent poten­tiel­le­ment plonger les pays africains dans une nouvelle spi­rale de dettes».

 « Ces renforcements des initiatives sur la transparence, la prise de conscience mondiale de la nécessité du développement économiques en Afrique font apparaître quelques lueurs d’espoir » conclut Jean-Marie Chevalier.

 

* Professeur à Paris Dauphine et directeur du centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières.

 

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 13:38

A l’heure où les troupes américaines se sont retirées d’Irak, les questions sur l’intervention des USA dans ce pays demeurent : le pétrole ? Lutte contre le terrorisme ? Apporter la démocratie au Moyen-Orient ?  Les théories géopolitiques se succèdent à d’autres théories géopolitiques et certaines sortent des sentiers battus.

 


Celles-ci ne sont pas forcément saugrenues, il n’y aurait aucuns intérêts à commenter ce genre de choses, non elles sont surprenantes et d’un cynisme absolu si on considère les désastres de cette guerre.

Commençons par la question énergétique, en effet il ne fait pas un doute que le gouvernement américain lorgnait sur le pétrole irakien encore sous exploité par rapport aux réserves de ses voisins (Emirats en tête). Les Saoudiens ayant volontairement surestimé leur réserve de pétrole (tout comme les grosses compagnies Texanes d’ailleurs), il devenait évident qu’il fallait s’en procurer quelque part. Un prétexte en vaut bien un autre pour envahir un pays et ce n’est pas le débat sur cet article quoiqu’il en soit l’Irak est envahi et le premier ministère à être « restauré » et protégé sera celui du pétrole bien avant les autres.

Prendre le contrôle du pétrole irakien revêtait deux avantages selon les stratèges américains :

 

-Procurer une forte concurrence au pétrole et gaz Russe afin de faire baisser son coût en inondant (pensaient ils) le monde « d’or noir »et ainsi mettre l’économie des Russes à mal.

-Damner le pion des Chinois, qui ont des gros besoins en la matière dû à leur croissance exponentielle. Ainsi ils allaient contrôler les fluctuations du marché s’abreuver au goulot et laisser les miettes aux autres.

 

Seulement la production irakienne a eu plus de mal que prévu à se mettre en route et en plus elle a été plus faible qu’annoncé. De plus un nouveau marché s’était ouvert au Nigeria, toutes les grandes puissances s’y sont précipitées, les Américains aussi, chacun essayant de se procurer une part du gâteau entraînant d’ailleurs beaucoup de corruption et de violences.

Seulement voilà ce marché est bien plus concurrentiel que celui d’Irak et les Chinois ont pris une longueur d’avance en Afrique en matière d’énergie (cela fera l’objet d’un autre article du blog).

Qui plus est « l’énergie » Russe (cf article le gaz Russe quel micmac) se porte plutôt bien, les effets escomptés n’ont pas eu lieu, l’envahissement de l’Irak sur ce point n’a pas été une très bonne opération, les USA sont toujours aussi dépendants du pétrole des Emirats malgré leurs efforts et leurs connections au Venezuela, Mexique et Nigeria.

 

On en vient maintenant à une autre théorie qui s’accommode très bien de la question énergétique, c’est même faire une pierre deux coups.

En 2003 La menace terroriste est bien réelle, non pas en Irak mais sur le sol américain. Le traumatisme du pays dû aux attentats du 11 septembre est terrible et la psychose de l’anthrax fait des ravages. Une autre série d’attentats serait une catastrophe, les géopoliticiens américains imaginent donc de créer un autre front qui éloignerait la menace.

L’idée est cyniquement simple, il suffit de faire converger tous les terroristes islamistes potentiels sur un seul point de convergence en l’occurrence l’Irak (pays sans armée, simple à conquérir, terrain connu, pays au centre du Moyen Orient et dont la culture laïque et très répressive sous Saddam a fait fuir tous les fondamentalistes).

 

Au lieu de faire sauter des bombes sur le sol américain, elles sauteront sur un sol à 8000 kilomètres. Certes elles tueront des Américains mais la conséquence psychologique sera bien moindre que les morts du World Trade Center.

Cette théorie a été étayée dans certains livres de géopoliticiens éminents, elle ne vient pas de la rumeur populaire, c’était un des points de la stratégie de la guerre en Irak, éloigner la menace semblant tellement impossible.

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 15:56

A l’occasion de la dernière visite il y a un mois à Moscou de François Fillon le faux-vrai premier ministre à Vladimir Poutine le vrai-faux président Russe reconverti en VRP du Gaz national, le sujet sur un futur partenariat entre EDF et Gazprom avaient été abordés.

Aujourd’hui on est proche d’un accord entre les deux géants énergétiques selon un communiqué des Russes.


Cet accord consisterait tout d’abord à une prise de participation d’EDF (de l’ordre de 10%) au projet de gazoduc South Stream visant à relier la Russie à l’Europe, aux côtés de l’énergéticien italien ENI. Selon le projet initial, le gazoduc doit passer sous la mer Noire, en reliant la Russie à la Bulgarie, où il se divisera en une branche nord-ouest vers l’Autriche et une branche sud, notamment vers la Grèce et l’Italie.

Les deux groupes dans leurs communiqués respectifs se font fort de rappeler l’importance du projet pour « une diversification des voies de transport gazier vers l’Europe et un renforcement de la sécurité énergétique du continent ».

Le trajet du gazoduc ne laisse rien au hasard, il évite soigneusement l’Ukraine avec qui la Russie entretient de difficiles relations justement sur la question énergétique.

Ce projet de gazoduc est en concurrence avec le projet européen Nabucco de 3.300 km contournant la Russie, l’Union européenne souhaitant se défaire de sa dépendance vis-à-vis du gaz russe.

 

Les relations entre l’Union européenne et la Russie se trouvaient déjà à un carrefour avant la crise. Les échanges économiques ne cessaient de s’intensifier et la nécessité d’un dialogue approfondi face aux crises internationales apparaissait chaque jour plus évidente.

Les exportations vers les pays de l'UE avaient bondi de 23,2 milliards de dollars en 1998 à 104 milliards en 2004.

Le marché Russe devenant de plus en plus attractif pour les sociétés européennes, celle-ci y réalisait de gros investissements. Cette augmentation rapide est aussi due à une stagnation des échanges entre la Russie et les Etats-Unis.

Les relations énergétiques entre la Russie et l'Union européenne sont devenues un sujet de préoccupation. En 2005, la Russie fournissait environ 50 % du gaz naturel et plus de 30 % du pétrole importés par l’UE.

 

Dépendance au gaz Russe

Or si le projet de gazoduc Nabucco a été lancé par l’Union Européenne c’est justement pour essayer de se dépêtrer de sa dépendance au gaz Russe qui avait augmenté avec la guerre en Georgie à l’été 2008 puis avec le conflit russo-ukrainien qui conduisit à des ruptures d’approvisionnement l’hiver suivant.

Georgie d’où devrait partir la production de gaz pour le projet Nabucco (et passant par la mer Caspienne et l’Europe du sud jusqu’en Italie) si celui-ci est maintenu.

 

Le but avoué du premier ministre Russe est justement de montrer que le projet des européens ne sert à rien.

Mais l’UE s’inquiète pour deux choses :

-D’abord la baisse progressive et inévitable de la production de gaz en Russie, après avoir stagné depuis cinq ans. Les nouveaux champs prometteurs de Sibérie sont hors d'atteinte pour la technologie russe, un appel aux compagnies occidentales a même été lancé il y a quelques semaines par Vladimir Poutine. Et c’est sans compter sur l’émergence d’un marché libre du gaz qui commence à concurrencer le système moscovite de contrats à long terme indexés sur ceux du pétrole.

-la deuxième chose concerne les relations énergétiques entre la Russie et la Chine, Vladimir Poutine était à Pékin la semaine dernière afin de régler un différend commercial sur le prix et l’origine du gaz. Les besoins des Chinois en matière d’énergie sont dantesques et certains craignent que les Russes aient promis le même gaz aux Européens et aux Chinois.

 

L'Europe qui aiguise les appétits de M. Poutine, qui défend un autre projet de gazoduc : Nord Stream, lancé en coopération avec les Allemands, destiné à acheminer le gaz via la Baltique. Et où GDF Suez, le grand rival d'EDF, souhaiterait participer.

 

En info de dernière minute le nouveau chef de la diplomatie ukrainienne Piotr Porochenko qui sera en visite le 23 octobre à Moscou, a déclaré vouloir rétablir le dialogue avec la Russie.

Rappelons que le 23 mars dernier, l'Ukraine et l'UE avaient signé une déclaration à l'issue de la conférence de Bruxelles sur la modernisation des réseaux ukrainiens de transport de gaz. La délégation russe, évincée de facto de la discussion, avait quitté la conférence.

Cette rencontre annihilera t elle le projet de gazoduc South Stream ?

 

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