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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 12:49

Grande journée de mobilisation des agriculteurs aujourd’hui, Le trafic routier sera perturbé dans plusieurs régions, en raison des manifestations organisées par des producteurs français, à l'appel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs, pour « la défense du revenu agricole ».

 

Cette journée sert "à nous faire entendre du chef de l'Etat car c'est très clairement le président de la République qui est interpellé ce matin", a expliqué Jean-Michel Lemétayer sur RTL. "Nous lui disons, il est grand temps de prendre un plan d'urgence de soutien à notre agriculture et donc à ses paysans".
Le syndicat agricole demande des prêts d'un montant d'un milliard d'euros auprès des banques, ainsi que des exonérations de taxes et de charges sociales.
Jean-Michel Lemétayer a répliqué : "Non, ce n'est pas surréaliste. Vous croyez que le gouvernement a hésité l'an dernier à mettre plusieurs milliards à la disposition des banques?"
La détermination de la FNSEA ne fait aucun doute et ses attentions sont louables en ces temps difficiles pour tout le monde.

Et pourtant la FNSEA est aussi au cœur du problème pour certains syndicats, une hégémonie qui ne fait pas que des heureux, une loi du marché qui s’apparente à un véritable chantage, rajouté les règles drastiques imposés par l’UE et vous avez un monde agricole au bord de la rupture.

 

Coordination Rurale (l’autre grand syndicat agricole avec Confédération Paysanne) se fend depuis plusieurs années d’actions et de débats à l’encontre de la FNSEA mais aussi sur la PAC ( Politique Agricole Commune) jusqu’à tenter des dialogues de force lors de différentes foire de l’agriculture.

« Essayer de s’inviter au débat auquel nous ne sommes pas toujours conviés » selon un militant de longue date.

 La PAC largement soutenu par la FNSEA depuis sa mise en place a connu de vives critiques sur certains points notamment :

Pour une même production, la technique retenue pour la soutenir n'a pas les mêmes effets selon le mode de production. Par exemple, entre une aide "à l'hectare" et une aide "au quintal" ou "à la tête de bétail", la première modalité donne une préférence aux faibles producteurs par rapport aux producteurs performants, tandis que la seconde modalité fait l'inverse ; ces deux modalités ont en commun d'être approximatif proportionnellement à la taille de l'exploitation, donc favorable aux "gros" producteurs par rapport au "petits".

 

C’est là que le bât blesse, pour certains syndicats la FNSEA ne défend que les gros exploitants, les petits sont spoliés et mis sur la paille par différents intermédiaires.

En effet si vous êtes un petit exploitant et que vous voulez vendre votre (future) production de patate à une coopérative affiliée à la FNSEA, celle-ci vous demandera plusieurs impératifs :

« Il nous demande de mettre tel engrais cette année, en telle quantité, avec telle machine, et si on ne fait pas comme ça, on ne nous prend pas notre production » raconte un jeune agriculteur champenois.

Vous devez faire traiter votre production ou vos terres avec la quantité demandée c’est ainsi et c’est sans compter avec la mécanisation à outrance exigée par l’UE. Les agriculteurs doivent s’endetter un peu plu chaque année pour subsister, ce n’est plus de l’investissement à ce niveau là.

 Des exploitants qui doivent abandonner leurs terres, se mettre en faillite ou les sous louer à des plus grand voilà ce qu’ils se passent aujourd’hui et tout ça dans l’indifférence générale et surtout de banque comme le Crédit Agricole qui refusent bien souvent leur crédit aux jeunes exploitants (un directeur d’agence s’était d’ailleurs fait épingler par la CR il y a quelques années sur cette question).

De véritables dogmes de productivité donc appuyé par la puissance de la FNSEA, près de 20 000 syndicats exploitants agricoles, 94 fédérations et unions départementales et 22 fédération régionales etc.

Pour ceux qui ne veulent pas se plier aux règles, ils restent des circuits de distribution parallèle mais la difficulté d’écouler le stock est manifeste.

 

La FNSEA fait donc partie aussi des responsables de la disparition des petits exploitants, principales victimes du « malaise agricole », aujourd’hui certains agriculteurs ont peur de l’avenir, de l’ouverture de l’Europe vers l’Est, les terres polonaises et ukrainiennes effraient par leur capacité de production mais sur ce point les syndicats agricoles français ne peuvent rien tout juste essayer de préserver ce qui peut l’être.

« Si on continue comme ça, en France on sera bon qu’à faire pousser des tulipes » conclut le jeune agriculteur champenois.

 

Néanmoins le coup de force de la FNSEA enclenchera peut être un nouveau plan de relance, ce serait un moindre mal.

Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a fait savoir vendredi qu'il attendait les chiffres précis des revenus des agriculteurs en 2009 avant de proposer un "plan global de soutien" à la profession, qui passera notamment « par des allégements de charges sur 2009", a-t-il précisé, avant de souligner que ce sera ensuite à François Fillon et Nicolas Sarkozy d'arbitrer.

Il est à espérer qu’on saura faire une place aux agriculteurs dans notre société et que malgré tout le syndicat de la FNSEA en sera un des acteurs majeur.

 

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Published by Desmoulins - dans Actualités
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