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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 19:18
La chronique judicaire à Naples et sa région n'allait pas s'arrêter comme par enchantement à la fin de mon troisième article, on s'en doute, néanmoins malgré ce que pensaient les enquêteurs la deuxième (ou troisième officieusement) faide de Scampia est loin d'être terminée malheureusement. La guerre que se livre les clans anciennement amis (les scissionistes de 2004 contre les Di Lauro) ne sont pas prêts à rendre les armes et ce malgré les nombreuses opérations de police ayant mis au placard une grande partie des belligérants. Entre les Amato-Pagano (clans historiques de Secondigliano et grand convoyeur de drogue via leurs réseaux espagnols) et les Girati (Abete-Notturno-Abbinante-Menella) la question de la gestion du "supermarché de la drogue" de Scampia est loin d'être réglée. Nous allons donc nous attacher comme pour les précédents articles à suivre les évènements de façon chronologique.
 
On commence par le 07/02/13 avec une nouvelle affaire de meurtre sur le dos de Pietro Lago, patron du clan homonyme, opérant principalement dans la plaine à la périphérie ouest de Naples. Alors qu'il est déjà condamné à la prison à vie pour l'assassinat de Giustinio Perna, qui a eu lieu à Naples le 30 avril 1999. Les services de la police de Caserte, ont été en mesure de faire la lumière sur l'assassinat d'Alfonso Volpe, qui a eu lieu à Naples en mars 1994 et identifié comme étant le boss de Lago. Le motif était lié à l'intention du clan Lago de réaffirmer sa suprématie dans la région. Peu de temps avant, de fait, un associé du clan avait été tué par l'un des groupes rivaux, le clan Contini, et l'assassinat de Volpe a été une réponse à ce meurtre. L'enquête a également menée à la découverte de l'alliance entre les clans de Pietro Lago et celui des Bidognetti, lié aux Casalesi et qui aurait prêté des tueurs pour être utilisés dans les règlement de comptes.

 

08/02/13
Les carabiniers ont mené une opération contre le clan Feldi, actif dans le quartier napolitain de Secondigliano, une des plaques tournantes de la revente de stupéfiants de la région. 25 personnes, dont 4 femmes, ont été arrêtées et accusées d’association mafieuse, trafic de stupéfiants et extorsion de fonds. 

 

21/02/13
Les carabiniers ont arrêté 9 personnes liées au clan Mallardo de Giugliano (près de Naples). Ils sont accusés de trafic de votes, vol, extorsion et trafic de stupéfiants. Deux carabiniers sont également inculpés de corruption pour avoir reçu de l’argent et des cadeaux pour avoir permis au fils du chef du clan de rouler sans permis. Le chef en question est Domenico «Mimi o pesante» Pirozzi, qui est notamment accusé d’avoir planifié des braquages de banques, de postes et d’un fourgon blindé. Le clan est aussi soupçonné d’avoir négocié des votes lors des élections provinciales de Naples en 2009.

 

Un gros coup pour la police le 26/02/13
 
Les carabiniers ont mené une opération contre le clan camorriste Amato-Pagano : 11 personnes ont été arrêtées. Les mafieux sont accusés d’avoir mis sur pied une filière de cocaïne depuis la Colombie, en liaison avec un groupe issu des paramilitaires des AUC (Autodéfenses Unies de Colombie). 300 kg de cocaïne ont été saisis, de même que plusieurs dizaines de milliers de doses d’ecstasy et d’éphédrine. Deux laboratoires clandestins (pour raffiner la cocaïne et pour fabriquer des drogues de synthèse) ont été démantelés à Naples et à Caserte.

 

11/03/13
Vincenzo Garofalo, affilié au clan Giuliano a été arrêté par la police napolitaine, après presque un an de cavale. L'homme, 41 ans a été découvert à l'intérieur d'une habitation d'un membre de la famille à Naples en via Pazzigno dans le quartier Saint Giovanni a Teduccio. Garofalo, représentant du clan camorristico un temps hégémonique dans la zone de Forcella, avait été condamné par la Cour d'Appel de Naples à la peine de la prison à vie pour le meurtre de Massimo Ciccarelli dit "Berlusconi". 

 

22/03/13
Encore un nouveau meurtre à Naples, le guet-apens s'est passé en plein jour, dans le quartier Ponticelli: Michele Calcavecchia, 40 ans a été tué aux coups de pistolet alors qu'il se trouvait sur son scooter. L'homme était en train de rouler, quand il a été atteint par une pluie de projectiles qui ne lui a laissé aucune chance. On apprenait seulement le 24/03/13 dernier que Domenico Antonio Pagano, 46 ans, considéré comme un des chefs du clan des Scissionnistes de Secondigliano (ceux de 2004) et qui était détenu dans la prison d'Opera, en province de Milan, s'était suicidé en se pendant dans sa cellule.
Pagano, en prison depuis février 2011 purgeait une peine de 20 ans de réclusion pour des crimes liés à la camorra (trafic international de drogue), le 15 mars dernier il a été trouvé par les agents de police pénitentiaires en jusque de vie en tout ce qu'il s'était pendu aux barres de sa cellule. En 2010 après l'arrestation de son frère et de Raffaele Amato en 2010 il a été propulsé à la tête du clan. Malgré les secours et le déplacement immédiat dans un hôpital extérieur à la maison d'arrêt, Pagano, en conditions graves, est mort quelques jours plus tard (la nouvelle a seulement été communiqué le 24). Aujourd'hui à Casavatore, s'est déroulé l'enterrement.
Depuis début mars, c'est le sixième suicide dans les prisons Italiennes et trois autres détenus - sont décédés pour des causes suspectes." Toujours selon l'association, en 2013 il y a eu 44 morts en prison dont 14 pour suicide. "La fréquence des suicides entre les détenus soumis au régime de 41-bis (isolement total) est 3,5 fois supérieure à la normale dans le reste de la population détenue. Cesare Pagano, son frère est lui aussi en prison depuis 2010, leur clan selon les autorités est désormais sans chefs.

 

09/04/13
Les carabiniers ont mené l’opération «Titano» contre les intérêts du clan des Casalesi de la Camorra dans le nord de l’Italie. L’argent, issu de trafics de drogue et d’extorsions, était injecté dans une société financière de Saint-Marin et d’entreprises (immobilier et concession automobile) en Emilie-Romagne et dans les Marches. 24 mandats d’arrêt pour association mafieuse, blanchiment, trafic de stupéfiants et détention d’armes, ont été émis, y compris contre Carmine Schiavone, déjà incarcéré depuis janvier 2013. Il est le fils de Francesco « Sandokan » Schiavone, un des principaux caïds du clan des Casalesi. Pour ces opérations, le clan camorriste s’est appuyé sur des criminels locaux comme Francesco Vallefuoco (implanté en Emilie-Romagne et connu pour usure et extorsion) et Francesco Agostinelli (implanté dans les Marches, connu pour trafic de stupéfiants).
Tous les chefs historiques des Casalesi, Francesco Schiavone, Francesco Bidognetti, Antonio Iovine et Michele Zagaria, sont aujourd'hui tous incarcérés.

 

Un procès qui a fait grand bruit a connu son verdict le 10/04/13.
 
Tous acquittés pour le meurtre de Ciro Fontanarosa, 17 ans, tué le 24 avril de 2009 à Naples, pas loin de la gare centrale. Voilà le résultat de ce procès qui a défratyé la chronique. Le meurtre de Ciro avait déjà bien evidemment fait grand bruit, lui qui été tué par balles dans un guet-apens camorriste, comme si il avait été un boss d'un clan rival. Mais Ciro Fontanarosa en réalité aurait payé de sa vie son refus de se plier à un clan de la camorra enraciné dans le centre de Naples. Ceux qui l'ont tué, selon les enquêteurs, voulaient donner un signal à tout le monde dans la zone, que ceux ne voulant pas se soumettre aux directives du clan Contini serait puni de mort. Le clan ne tolère pas ces oppositions, il ne tolère pas "têtes chaudes" sur son territoire.
En 2010 pour ce meurtre, furent arrêtées trois personnes dont le régent présumé du clan et supposé commanditaire du guet-apens, Ettore Bosti. La Cour de Naples a acquitté les quatre accusés: Bosti y assistait en vidéoconférence depuis la prison. Le boss présumé, comme il le raconte au journal napolitain Il Matino, n'a pas contenu son émotion, avec les bras levés au ciel après la lecture du verdict. Les juges ont aussi acquitté les autres accusés: Vincenzo Capozzoli, Cristian Barbato et le repenti Vincenzo De Feo. Ce sont les contradictions présumées dans les déclarations du collaborateur de justice rendues ces derniers mois aux magistrats, qui a orientée la décision de la Cour. 

 

Le 13/04/13, un homme de 55 ans, Antonio De Rosa connu des services de police, a été tué après 11 heures dans un guet-apens dans la zone des Ponti Rossi dans la banlieue orientale de Naples. L'homme portait sur lui une carte d'identité de son fils Ciro de Rosa, 23 ans, actuellement détenu. 

 

Le 17/04/13
Un meurtre à eu lieu à l'aube à Caivano (Naples). Deux personnes à bord d'un fourgon ont approchés un autre fourgon et ils ont tiré un seul coup de feu,  blessant gravement Antonio Menna de Casalnuovo (Naples). La victime avait 46 ans et est mort une heure après à l'hôpital de Frattamaggiore.

 

Le 18/04/13
Les carabiniers de Castello di Cisterna, dans la région de Napoli ont arrêtés 44 personnes accusées d'association de malfaiteurs et trafic de drogue et de stupéfiants transnational. Parmi les interpellés se trouvent des représentants des clans camorristes des Di Lauro, Amato-Pagano, Polverino, Mazzarella, Ferrara, Cuccaro et Carfora: les premiers sont actifs dans la zone Nord de Naples et les derniers  dans la province de Caserte. Ces criminels géraient l'importation d'importantes quantités de drogue venant d'Espagne et qu'ils ravitaillaient le "supermarché de la drogue" de Scampia, Melito, Marano, Mugnano et d'autres régions italiennes.

 

Le 19/04/13
23 personnes ont été arrêtées par les carabiniers de Caserte, Naples, Pise et La Spezia pour trafic de cocaïne. Les trafiquants étaient liés aux clan Lo Russo, Prestieri et Mazzarella de la Camorra. 3 femmes font parties de personnes interpellées, notamment la veuve d’un boss du clan Bardellino, abattu en 1990. La cocaïne était coupée et reconditionnée à Naples et dans la région puis expédiée en Sardaigne, en Ligurie et en Toscane où elle était revendue dans les bars et les boîtes de nuit.

 

Le 05/05/13
Guet-apens à Pianura, quartier de la banlieue occidentale de Naples. Au moins trois hommes ont tirés une vingtaine de coups de feu vers Bruno Alfonso, 35 ans. Sept des projectiles ont atteint leur cible. Immédiatement secouru, l'homme a été hospitalisé à l'hôpital Saint Paolo de Fuorigrotta. Malgré les nombreuses blessures, Alfonso est hors de danger. L'homme de 35 ans a déjà eu affaire à la police et il serait affilié au clan Mastella-Pesce. 

 

Le 27/04/13 c'est un autre fugitif qui a été arrêté à Naples, Vincenzo Dati, 26 ans, recherché pour tentative de d'assassinat. L'homme est considéré par les enquêteurs comme un proche du clan Leonardi, liée au "Girati via Vanella Grassi". Dati était en fuite depuis juillet quand il a été délivré contre lui par le District anti-mafia napolitain d'un ordre de détention provisoire pour avoir tenté d'assassiner Giovanni Esposito, qui est lui lié au clan Abbinante, un autre clan de Scampia. L'embuscade avait donné lieu à une fusillade avec la police qui a ensuite arrêté deux des assassins présumés des commandos tandis que Dati a pu s'enfuir. Jusqu'à ce matin, quand l'homme de 26 ans a été arrêté par les hommes du poste de police de Naples. Dati étaient caché dans un appartement près de son domicile via Cupa Dell'Arco.

 

Le 09/05/13,
Un jeudi après-midi à Secondigliano, le quartier de la banlieue nord de Naples a connu un nouveau meurtre probablement lié à la guerre ouverte entre clans pour l'hégémonie sur le "supermarché de la drogue". Carlo Alberto Cipolletta, un repris de justice de 39 ans a été refroidi à coups de pistolet via Montenero, à deux pas de la bien connue via vanella grassi. Les tueurs à gages sont entrés en action dans une ruelle entre la forteresse des "girati" et celle du clan des Di Lauro, via Cupa dell'Arco. Cipolletta a été attiré là sous un faux prétexte et ils lui ont tiré au moins 15 fois dessus, principalement dans la tête, le tuant sur le coup.
Il ne fait aucun doute que le guet-apens est lié à un acte de vengeance entre les deux quartiers. Selon les enquêteurs il semble que la victime n'était pas affiliée à un clan camorriste en particulier, cependant d'autres sources parlent d'une proximité de Cipolletta avec les sécessionnistes, mais il est encore à établir pourquoi Cipolletta se trouvait au centre de cette vengeance. L'hypothèse la plus plausible serait que l'homme se trouvait là en qualité de médiateur, dans une tentative vaine de mettre fin à la guerre locale. Si c'était ainsi, il apparaît évident que les tueurs à gages aient voulu lancer un message très clair: aucune trêve, le sang continuera à couler.
 
(Sources des articles : Il Mattino en majorité ou Repubblica, Crimorg, le blog faidedescampia ou Wikipédia)

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Published by Desmoulins - dans Camorra
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