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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 12:43

La Chine sera restée sourde aux appels à la clémence lui demandant d’épargner la vie du premier condamné à mort européen depuis cinquante-huit ans en République populaire. Mardi 29 décembre, l’agence officielle Chine nouvelle a en effet confirmé l’exécution par injection d’Akmal Shaikh, un ressortissant britannique de 53 ans accusé de trafic d’héroïne.

Comme c’est souvent le cas en Chine, cette exécution a eu lieu immédiatement après que la Cour suprême, dernière instance d’appel, eut confirmé la peine capitale. Cette sentence avait été prononcée mardi dans la matinée.

L’approche de la date de l’exécution de la sentence avait provoqué une vive émotion en Grande-Bretagne, où des groupes de défense des droits de l’homme et la famille du condamné n’ont cessé d’affirmer que M. Shaikh souffrait de troubles mentaux graves, comparables à une maladie maniaco-dépressive.

Deux Britanniques cités par l’association Reprieve d’aide juridique ont assuré avoir rencontré Akmal Shaikh en Pologne il y a quelques années, à un moment où ce dernier voulait enregistrer un disque. Selon eux, son comportement était clairement celui d’un malade mental. A l’époque, il préparait un disque, dont l’un des morceaux était intitulé : "Viens mon petit lapin, viens danser et chanter avec moi."

Selon sa famille, M. Shaikh serait ensuite parti vers la Chine, où on lui avait dit qu’il pourrait devenir une pop star dans un night-club d’Urumqi, capitale du Xinjiang. Mais, arrivé à Douchanbé, au Tadjikistan, des trafiquants rencontrés à Varsovie – qui l’avaient accompagné jusqu’à cet Etat d’Asie centrale voisin de la Chine – l’auraient convaincu de prendre seul un avion pour Urumqi en transportant une valise. A l’arrivée, la douane chinoise y découvrit 4 kilogrammes d’héroïne.

Telle est en tout cas la version des proches de ce Britannique d’origine pakistanaise, père de trois enfants. Le code pénal chinois, dans son article 18, révisé en 1997, stipule qu’un accusé souffrant de troubles mentaux ne lui permettant pas de contrôler son comportement ne devrait pas être condamné et placé dans une institution spécialisée. Dans le cas d’Akmal Shaikh, la Cour suprême s’est obstinée jusqu’au bout à refuser de mener un examen médical qui aurait confirmé les affirmations de sa famille.

Le gouvernement britannique aura mené d’ultimes efforts pour tenter d’empêcher l’exécution de son ressortissant. Le secrétaire d’Etat au Foreign Office, Ivan Lewis, a appelé dans la soirée de lundi son homologue chinois, Yang Jiechi, pour lui demander "un bon geste" dans un appel de dernière minute pour sauver la vie de M. Shaikh.

 

A plusieurs reprises, le premier ministre, Gordon Brown, est intervenu en personne pour obtenir la grâce d’Akmal Shaikh. Mardi, il a déclaré être "déçu et choqué" par la nouvelle de l’exécution. Le Foreign Office a, par ailleurs, apporté son aide aux deux cousins du condamné qui s’étaient rendus dans sa prison pour l’informer de sa condamnation à mort.

Le dernier Européen à avoir été exécuté en Chine était un Italien, Antonio Riva. Lui et son "complice", le Japonais Ruichi Yamaguchi, avaient été fusillés en 1951 après avoir été accusés de préparer un attentat contre Mao Zedong et d’autres hauts dignitaires du Parti communiste.

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Published by Desmoulins - dans Actualités
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