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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 20:06

Entre patrons de presse, on ne parle que de ça : des gratuits. Plus de trois ans après l'arrivée en France des deux quotidiens d'information 20 Minutes et Metro , on commence à mesurer leur impact sur le marché de la publicité ou des petites annonces : on note leur succès insolent auprès des jeunes qui ne jurent plus que par eux  et  on assiste à leur arrivée massive en province.

 

Une presse gratuite diversifiée

 

On note qu'il existe plusieurs types de gratuits, il y a la PGA (Presse Gratuite d'Annonce) avec comme titre phare paru vendu, 123 immo et Keljob, il y a aussi la PGI (Presse Gratuite d'Information) avec Metro et 20 minutes. La presse quotidienne régionale gratuite (réseau plus), la presse magazine gratuite avec entre autres "a nous Paris", "sport", "économie matin" et "femme en ville". On distingue deux métiers différents derrière l'expression "Presse Gratuite" .
Le premier et le plus ancien (apparu dans les années 70) concerne les journaux de petites annonces distribués gratuitement en boites aux lettres par des indépendants ou des grands groupes comme COMAREG ou SPIR. On parle dans ce cas de Presse Gratuite d'annonces (PGA).
Le deuxième (distribué en France depuis 2002) a trait aux médias d'informations distribués gratuitement, généralement de la main à la main ou en présentoirs aux abords des bouches de métro, des gares, en clair des endroits citadins de passage. On dénomme cette activité Presse Gratuite d'Informations (PGI).

 

Des investissements publicitaires en hausse constante.

 

En 2003, la presse distribuée gratuitement auprès des particuliers a représenté un chiffre d'affaires de 0,68 milliards d'euros (chiffre provisoire); soit une augmentation de 4,6% par rapport à 2002. En 2004, 9% des investissements de publicité allaient aux gratuits contre 57% pour la presse écrite payante. La publicité est un domaine de concurrence farouche entre la presse payante et celle gratuite. Sur le domaine de l'information il est évident que les gratuits n'ont pas la même qualité journalistique, ni même la même qualité papier que les payants, cependant la plupart des gens se contentent de l'information distillé dans le gratuits car plus clair et moins littéraire donc semblant plus informatif et plus rapide à lire ce qui est une qualité indéniable par rapport aux payants. Et dans le domaine de la culture, les gratuits offre une véritable pluralité de titres Lylo, Epok, "Tapage" notamment. Mais c'est surtout dans le domaine de l'information de proximité que les gratuits commencent à concurrencer les payants, en effet avec "réseau plus" des gratuits lancés par des groupes de presse payants.

Je crois qu'il serait difficile de développer un "ville plus" à Paris, la concurrence y est féroce et il y a déjà bon nombre de gratuits circulant dans les transports franciliens. Le fait est que ces "villes plus" sont lancés par des quotidiens régionaux afin de contrer "20 minutes" et "métro", deux gratuits qui se partage déjà le marché en Ile de France et à moins que Le Parisien ne se lance dans cette "lutte" je ne pense pas que qu'un Paris plus apparaîtra dans les prochains mois mais qui sait?

Stratégie du contre-pied

Les grands groupes de presse français savaient très bien que la presse gratuite (à l'instar des autres pays européens) serait probablement un succès d'où la levée de bouclier durant de longues années à ce sujet. Maintenant, les payants déclinants de plus en plus, le profit doit se trouver ailleurs et le profit c'est la publicité avant tout et ensuite la diffusion bref ils se devaient de réagir au plus pressé et donc de se lancer à leur tour dans la presse gratuite d'information.

Le premier arrivé fut "Marseille plus" lancé en 2002 par "La Provence" (HFM) en riposte à Metro, suivi de "Toulon Plus" en mars 2004 ("Nice Matin"/ HFM),  puis de "Lille plus" ("La voix du nord"/ Socpresse 59 000 ex.), "Lyon Plus" (Le progrès/ Socpresse 80 000 ex.) et Bordeaux 7 (Groupe Sud Ouest, 30 000 ex.) en mai 2004.

Il fallait prendre à contre pied les gratuits qui envisageait déjà de s'exporter dans les autres villes de Province, plutôt que de continuer à vilipender les gratuits d'information en disant qu'ils n'étaient pas crédibles, les grands groupes ont dû jouer le jeu afin de prendre des parts de marchés dans ce domaine au lieu de les laisser à "20 minutes" et à "Métro". 

 

L'argent est nécessaire dans la presse, le fric non

 

Peut on imaginer un journal sans pub? La pub c'est le nerf de la guerre et peut se montrer aussi le reflet du lectorat du dit journal. Il est vrai que la proportion pubs/articles dans les gratuits est autrement plus élevée que dans les payants, question de logique. On peut tout à fait dire que l'argent est nécessaire dans la presse mais pas le fric à tout prix. Dans beaucoup de magazines spécialisés payants tous les articles sont achetés.  Où est la ligne éditoriale? La effectivement on peut se poser la question de la légitimité du journal mais seulement dans ce cas là, dans les gratuits les infos finalement c'est ça qui fait office de pub et la pub en elle même c'est le fond de commerce. La force de vente (de pub) même du gratuit c'est sa diffusion mais pas ses infos en tant que telles. Bien sûr on ne peut pas dire que toutes les infos dans les gratuits sont fausses elles sont réalisés par des journalistes professionnels mais finalement elles ne font parfois que du remplissage.

 

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Published by Desmoulins - dans Médias
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